lettre ouverte de la FIDH et de la LDH au Président de l’Etat d’Israël

17/02/2004
Communiqué

Paris, le 17 février 2004

Monsieur le Président Katzav,

A l’occasion de votre visite officielle à Paris, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation affiliée en France, la Ligue française des droits de l’Homme et du citoyen (LDH), souhaitent vous faire part de leurs inquiétudes et interrogations concernant certaines situations portant directement atteinte aux droits de l’Homme en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés.

Tout d’abord, la FIDH et la LDH tiennent à souligner qu’elles regrettent vivement que le rendez-vous qu’elles avaient sollicité avec vous, afin de s’entretenir sur ces questions de vive voix, leur ait été refusé.

Les questions sur lesquelles nos organisations ont récemment formulé leurs plus vives inquiétudes concernent d’une part la situation des objecteurs de conscience israéliens actuellement emprisonnés après avoir été jugés par un tribunal militaire et d’autre part, la construction du mur de séparation entre Israél et les Territoires palestiniens.

Sur la situation des objecteurs de conscience, la FIDH et la LDH expriment une nouvelle fois leurs inquiétudes concernant la violation du droit à la liberté de conscience, de pensée et de religion consacrée par l’article 18 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques de 1966, auquel Israël est partie ; elles rappellent en outre que le Groupe de Travail des Nations Unies sur la détention arbitraire saisi par la FIDH a reconnu le caractère arbitraire de la détention des jeunes hommes condamnés en janvier 2004 à un an de prison ferme par la cour militaire de Jaffa. La FIDH et la LDH demandent donc la libération immédiate et inconditionnelle des objecteurs de conscience détenus en Israël.

Concernant la construction du mur de séparation, la FIDH et la LDH rappellent évidemment le droit et le devoir de l’Etat d’Israël d’assurer la protection de ses citoyens ; cependant nos organisations réitèrent leurs plus vives inquiétudes quant aux conséquences humanitaires de la construction de cet ouvrage sur les populations civiles palestiniennes, quant à la violation du droit à la liberté de mouvement et de circulation par l’instauration de permis pour les zones enclavées et enfermées par le mur, quant à la déviation du tracé du mur le faisant ainsi entrer très largement à l’intérieur des territoires de Cisjordanie et annexant de fait les portions du territoire situées à l’ouest de l’ouvrage.

Nous faisant l’interprète de l’appréciation unanime des organisations de défense des droits de l’Homme, tant palestiniennes qu’israéliennes, nous déplorons que la construction du mur s’inscrive en totale contradiction avec les engagements internationaux souscrits par l’Etat d’Israël au regard du droit international humanitaire et des droits de l’Homme.

Enfin, nous sommes amenés à constater quotidiennement les entraves apportées par le gouvernement israélien à l’action et au déplacement des O.N.G.. Les refus d’entrée en Israël se multiplient de manière arbitraire. Les nouvelles dispositions relatives à l’entrée à Gaza laissent la circulation des ONG au bon vouloir de l’Armée. Ces mesures ne sont pas admissibles dans un Etat démocratique : elles accroissent considérablement l’isolement des palestiniens et empêchent les ONG de remplir leur rôle.

Nous vous demandons d’intervenir afin que la liberté de circulation des ONG soit rétablie.

Vous comprendrez que nous rendions cette lettre publique.

Nous vous prions, Monsieur le Président , de bien vouloir agréer l’expression de notre haute considération.

Lire la suite
communique