Deux questions à Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de la FIDH, à son retour de mission en Israël et dans les territoires palestiniens occupés

18/09/2006
Communiqué

Retour de mission en Israël et dans les territoires palestiniens occupés entre le 29 août et le 2 septembre 2006.

Au cours de votre mission en Israël, vous avez rencontré de nombreux citoyens israéliens, qu’est-il ressorti de vos échanges sur la politique menée par le gouvernement israélien ?

La mission Fidh-Euromed avait essentiellement pour but de s’informer auprès des organisations israéliennes et palestiniennes de défense des droits humains de la situation prévalant dans ce domaine à la suite de l’offensive israélienne au Liban et dans le cadre de la poursuite de son offensive dans la bande de Gaza.

La mission a pu constater l’impact négatif de ces opérations sur la vie des Palestiniens des territoires.

En Israël, nous avons rencontré l’Association of civil rights in Israël, le Public committee against torture in Israël, l’association B’Tselem comme organisations « généralistes ». Nous avons également rencontré à Jérusalem l’association Ir Amim qui s’occupe de relever les violations des droits des Palestiniens liées à la construction du Mur. La mission s’est aussi informée auprès de l’association Adalah et de l’Arab Association for Human Rights à Nazareth des discriminations persistantes dont sont victimes les citoyens arabes d’Israël. Enfin, nous avons tenu à nous informer auprès du Council of Volunteer Organisations à Haïfa des dommages occasionnés par les tirs de roquettes du Hezbollah sur les populations du Nord d’Israël.

Ce que l’on peut dire c’est que, quelles que soient les nuances entre opinions des uns et des autres sur la politique actuelle du gouvernement israélien, tous les Israéliens que nous avons rencontrés sont extrêmement pessimistes sur la suite des évènements et croient peu à une reprise du processus de paix. Beaucoup d’entre eux ont insisté sur le fait que la fronde anti-gouvernementale qui s’exprime actuellement en Israël n’est pas le fait de la partie de l’opinion favorable à une paix juste avec les Palestiniens, mais plutôt d’une droite qui reproche à l’armée de n’avoir pas su mettre fin aux actions du Hezbollah. Le constat d’une aggravation catastrophique de la situation dans les territoires occupés est par ailleurs unanime.

Vous avez passé une journée dans la bande de Gaza, qu’avez vous constaté, quelles sont les conditions de vie de la population ?

Épouvantables. Entre le bouclage hermétique du territoire maintenu par Israël depuis l’enlèvement du caporal Shalit en juin (personne ne peut entrer ni sortir de Gaza et les liens avec les territoires occupés de Cisjordanie sont totalement rompus), les bombardements quasi-quotidiens qui ont tué à ce jour plus de 300 civils, les destructions systématiques d’infrastructures opérées par l’armée israélienne, la population de Gaza est totalement asphyxiée. Le chômage y atteint des proportions inimaginables : 80% environ. Ajoutons à cela les conséquences de l’arrêt de l’aide européennes et en particulier le non paiement des fonctionnaires de l’Autorité Palestinienne depuis des mois, on aura une idée de la situation de quasi-catastrophe humanitaire dont est victime ce territoire.

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