Egypte : Solidarité avec Ibrahim Ezz El-Din

21/06/2021
Déclaration
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Paris-Genève, le 11 juin 2021 - A l’occasion du deuxième anniversaire de la détention arbitraire d’Ibrahim Ezz El-Din, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (OMCT-FIDH) demande sa libération immédiate et inconditionnelle, et exhorte les autorités à mettre fin immédiatement à tous les actes de harcèlement contre les défenseurs des droits de l’Homme en Egypte.

Ibrahim Ezz El-Din est un ingénieur en urbanisme et un défenseur des droits humains qui travaillait en tant que chercheur à l’ECRF au moment de sa mise en détention. Il se concentrait sur le droit à un logement convenable, documentant les conditions de vie dans les bidonvilles, les expulsions forcées et les politiques d’urbanisme égyptiennes.

Il y a deux ans, le 11 juin 2019, Ibrahim Ezz El-Din a été arrêté arbitrairement au Caire, après avoir terminé son travail et avoir quitté le bureau de la Commission égyptienne des droits et libertés (ECRF). Pendant 167 jours, la famille et les collègues d’Ibrahim Ezz El-Din ignoraient où il se trouvait, car les autorités ont toujours nié sa détention. Il est enfin réapparu au parquet suprême de la sûreté de l’État (SSSP) le 26 novembre 2019. Il a alors été informé qu’il faisait l’objet d’une enquête sur des accusations de "contribution à la réalisation des objectifs d’un groupe terroriste" et de "publication de fausses informations portant atteinte à la sécurité nationale", au titre de l’affaire 488 de 2019.

Le 27 décembre 2020, le tribunal pénal du Caire a ordonné la libération sous probation d’Ibrahim Ezz El-Din. Cependant, cette décision n’a jamais été appliquée. Six jours après seulement, la SSSP a ouvert une nouvelle enquête à son encontre sur la base d’accusations forgées de toutes pièces "d’appartenance à un groupe terroriste" au titre de l’affaire 1018 de 2020, afin de le maintenir en détention. La détention provisoire d’Ibrahim Ezz El-Din a été continuellement renouvelée depuis novembre 2019. Il est toujours détenu à la prison de Tora, au Caire.

Cette détention semble avoir pour but d’empêcher Ibrahim Ezz El-Din de mener ses activités légitimes en faveur des droits humains. Elle s’inscrit dans le cadre d’une régression manifeste des droits humains dont l’Égypte a souffert ces dernières années. Les autorités ont de plus en plus recours à des tactiques répressives telles que la détention provisoire renouvelée et prolongée, les disparitions forcées, la torture et le harcèlement judiciaire pour faire taire toutes les voix critiques, notamment par le biais d’enquêtes infondées pour des accusations de terrorisme et d’atteinte à la sécurité nationale.

Dans une déclaration publique publiée le 20 janvier 2021, le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme a demandé instamment la libération immédiate de tous les défenseurs des droits humains. Il a appelé à la fin de l’utilisation abusive des lois antiterroristes, de sécurité nationale et de la détention provisoire prolongée, pour criminaliser le travail des acteurs de la société civile en Égypte. Le Parlement européen a également émis deux résolutions d’urgence sur la situation des défenseurs des droits humains en Égypte, dont Ibrahim Ezz El-Din, en octobre 2019 et en décembre 2020.

L’Observatoire reste solidaire d’Ibrahim Ezz El-Din et appelle les autorités égyptiennes à le libérer immédiatement et sans condition. L’Observatoire appelle également les autorités à mettre fin à tout acte de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à son encontre et à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme dans le pays.

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