Des défenseurs des droits humains assiégés : Nous exigeons l’arrêt de la répression et des garanties quant à leur protection

03/02/2011
Communiqué
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Paris, Genève, Copenhague, 3 février 2011 – Alors que les actes d’intimidations et les attaques contre les manifestants s’accroissent, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), et le Réseau Euro-Méditéranien des droits de l’Homme (REMDH), dénoncent les actes d’intimidations et craignent pour la sécurité des défenseurs des droits de l’Homme. Aujourd’hui, en début d’après midi, plusieurs avocats et membres d’organisations non-gouvernementales, y inclus des organisations de défense des droits humains, réunis dans les bureaux du Centre de droit Hisham Mubarak ont été arrêtés par la police militaire et conduits dans des lieux inconnus. Le Centre a en outre été assiégé par des militants de l’actuel gouvernement munis d’armes qui menaçaient les individus regroupés à l’intérieur. Également, des voyous sont entrés dans les locaux du Centre Nadim pour la réhabilitation des victimes de violence, une organisation qui fournit une assistance juridique aux victimes de torture, et ont menacé son personnel.

Les bureaux du Centre de droit Hisham Mubarak et du Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux ont été fouillés par la police militaire qui a confisqué leur équipement. Des téléphones mobiles de plusieurs membres des deux Centres ont également été confisqués.

Selon les dernières informations reçues, environ 29 personnes travaillant pour le Centre de droit Hisham Mubarak, le Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux, Human Rights Watch et Amnesty International auraient été arrêtés, y inclus M. Ahmed Seif, Mme Nada Sadek, M. Mohamed El Taher, Mme Mona El Masry et M. Khaled Ali.

Ces actes d’intimidation et de harcèlement sont en lien avec le soutien apporté par de nombreux avocats et organisations de défense des droits humains, y compris en nourriture et en médicaments, aux manifestants regroupés sur la place Tahrir.

Les organisations de défense des droits humains ont élevé la voix pour dénoncer les violations des droits de l’Homme perpétrées par les autorités et sont particulièrement vulnérables et menacées dans le contexte de répression orchestrée dans tout le Caire depuis le 3 février par les forces de police et les militants pro-gouvernementaux. Selon nos informations, plusieurs journalistes auraient également été arrêtés.

Considérant l’accroissement de la tension et les actes de violence, l’Observatoire et le REMDH sont vivement préoccupés par la sécurité des représentants de la société civile, particulièrement des journalistes et des membres des organisations de défense des droits humains. Nos organisations appellent les autorités à relâcher tous les défenseurs des droits humains, à s’abstenir de toute attaque, arrestation et actes d’intimidations à leur encontre et à garantir leur sécurité.

Les autorités doivent immédiatement diligenter une enquête impartiale sur les faits sus-mentionnés, dont le rapport doit être rendu public, aux fins d’identifier les responsables, de les poursuivre devant un tribunal compétent et impartial et de les sanctionner conformément à la loi pénale.

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