Nabeel Rajab, défenseur des droits humains bahreïni emprisonné, devient citoyen d’honneur de la ville de Paris !

06/06/2018
Communiqué
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Paris, le 6 juin 2018 – Aujourd’hui, le Conseil de Paris a décerné à l’unanimité la distinction de « citoyen d’honneur de Paris » au Secrétaire général adjoint de la FIDH Nabeel Rajab, en raison de son combat pour la liberté, la démocratie et les droits humains. La veille, une Cour d’appel bahreïnie confirmait sa peine de cinq ans d’emprisonnement pour des tweets condamnant l’usage de la torture dans la prison bahreïnie de Jaw et les bombardements de la coalition menée par l’Arabie Saoudite au Yémen. Condamné à un total de 7 ans de prison suite à des procès qui furent de véritables parodies de justice, sa santé ne cesse de se dégrader. La FIDH et le Bahrain Center for Human Rights (BCHR) se félicitent de l’attribution de cette distinction prestigieuse, et renouvellent leur demande de libération immédiate de Nabeel.

Depuis sa création en 2001, seules 18 personnalités (dont une personne morale) avaient été élevées à la dignité de Citoyens d’Honneur de la ville de Paris. Cette récompense emblématique distingue les personnalités se battant en faveur de la démocratie, du respect des Droits de l’Homme et de la liberté. Parmi ses précédents lauréats : Nelson Mandela, Shirin Ebadi, Le Dalaï Lama, Taslima Nasreen, Hu Jia, Aung San Suu Kyi, ou encore le Chef Raoni (1).

Le Mercredi 6 juin, la distinction a été décernée par un vote du Conseil de Paris à Nabeel Rajab, célèbre activiste des droits humains du Bahreïn. Co-fondateur et président du Centre Bahreïni pour les droits de l’Homme (BCHR), directeur fondateur du Gulf Center for Human Rights (GCHR), il est également Secrétaire général adjoint de la FIDH et membre du comité consultatif Moyen-Orient auprès de Human Rights Watch.

“Par ce prix, la ville de Paris rappelle aux autorités bahreïnies que l’incarcération de Nabeel n’intéresse pas que quelques monarchies du Golfe ou ONG. Il est devenu le symbole de la répression implacable dans le pays et plus largement dans la région. Face à l’indignation internationale, elles devraient libérer sans plus tarder Nabeel et les autres militants incarcérés, dont le seul tort est d’avoir demandé plus de démocratie et de libertés. En le désignant citoyen d’honneur, distinction prestigieuse réservée aux personnalités emblématiques, la ville de Paris adresse à notre collègue emprisonné, malade, et soumis à un scandaleux régime carcéral d’exception, un signe de fraternité et d’espoir"

Dimitris Christopoulos, président de la FIDH

Après avoir publiquement dénoncé dans des tweets, tribunes et interviews la situation des droits humains dans son pays et les bombardements de la coalition menée par l’Arabie Saoudite au Yémen, Nabeel a été condamné à 7 ans de prison à l’issue de plusieurs procès ayant fait l’objet de nombreuses condamnations internationales. Victime de mauvais traitements en prison (violences ; privations de droits ; cellule insalubre ; incarcération avec des membres de l’État Islamique), sa santé n’a depuis cessé de se dégrader, faisant craindre pour sa vie.

En mai 2017, le Comité des Nations unies contre la torture avait signalé, dans ses observations finales sur le Bahreïn, qu’il était « particulièrement préoccupé » par la détention arbitraire, la torture et les mauvais traitements réservés aux défenseurs des droits humains, dont Nabeel Rajab.

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