Arabie saoudite : libérez Dr Lina Al-Sharif, militante sur les réseaux sociaux

Lina al-Sharif

3 juin 2022 — La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et les organisations de défense des droits humains signataires, appellent les autorités saoudiennes à libérer immédiatement et sans condition Lina Al-Sharif. La docteure a été arrêtée arbitrairement en Arabie saoudite il y a plus d’un an en raison de son militantisme sur les réseaux sociaux. Le 11 mai 2022, Dr Al-Sharif a passé son 34e anniversaire dans la prison d’Al-Hair à Riyad, en Arabie saoudite.

Lina Al-Sharif est docteure en médecine à Riyad. Fin mai 2021, des agents de sécurité de l’État ont perquisitionné sa maison de famille à Riyadh, l’ont arrêtée et l’ont fait disparaître de force pendant deux mois, jusqu’au 26 juillet 2021, où elle a été finalement placée en détention dans la prison d’Al-Hair. Avant son arrestation, Dr Al-Sharif était active sur les médias sociaux, elle débattait de politique saoudienne et œuvrait pour la défense des droits humains en Arabie saoudite, notamment pour les droits des femmes, la liberté de culte, la liberté d’expression et la libération des prisonnier·es d’opinion.

Le 9 juillet 2021, le MENA Rights Group a lancé un appel urgent auprès du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires des Nations unies (WGEID). Ce dernier a envoyé une communication aux autorités saoudiennes les exhortant à révéler le lieu où se trouvait Lina Al-Sharif. Le WGEID a obtenu une réponse à sa demande d’éclaircissements, le 21 septembre 2021. Alors que Lina Al-Sharif exerçait son droit à la liberté d’expression, les autorités saoudiennes ont déclaré qu’elle enfreignait les lois saoudiennes, et elle fut placée en détention en vertu des articles 2 et 19 de la loi sur la lutte contre le terrorisme et le financement du terrorisme. Pour autant, le gouvernement n’a fourni aucune autre information au groupe WGEID concernant les charges retenues à son encontre, et l’affaire fait toujours l’objet d’une enquête.

À l’instar de nombreux traités internationaux relatifs aux droits humains, la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées n’a pas été ratifiée par l’Arabie saoudite. L’Arabie saoudite pratique de manière systématique la disparition forcée de personnes exerçant leur droit à la liberté d’expression. De plus, le pays enfreint de manière systématique le droit à une procédure en bonne et due forme et ne garantit pas la tenue de procès équitables et gratuits, retenant ainsi pour de longues durées les personnes placées en détention provisoire ou sans chef d’inculpation. L’affaire du Dr Al-Sharif est emblématique de ces formes d’atteintes graves aux droits humains perpétrées en Arabie saoudite.

Nous sommes profondément préoccupé·es par le placement en détention provisoire prolongée du Dr Al-Sharif qui n’a fait l’objet d’aucune charge. En outre, son droit à une procédure régulière n’a pas été respecté et elle ne bénéficie pas d’une représentation légale. Son bien-être psychologique et physique dans la prison d’Al-Hair, où elle s’est vue refuser des soins médicaux appropriés, est également un sujet d’inquiétude. Aucun·e observateur·ice indépendant·e n’a été autorisé·e à lui rendre visite pour vérifier ses conditions de détention.

Des centaines d’individus ont signé une pétition appelant à la libération immédiate et sans condition du Dr Al-Sharif.

Nous exhortons les autorités saoudiennes à libérer immédiatement et sans condition Dr Lina Al-Sharif et toutes les personnes détenues en Arabie saoudite pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, notamment les militant·es digitaux et les défenseur·es des droits humains.

Lire la suite
statement