À : Ambassades saoudiennes, Commission saoudienne des droits humains, autorités saoudiennes.
Les organisations de la société civile signataires vous écrivent pour vous faire part de leur vive inquiétude quant au bien-être du défenseur des droits humains Dr Mohammed al-Qahtani, qui fait l’objet d’une disparition forcée depuis le 24 octobre 2022. Nous vous demandons instamment de transmettre à votre gouvernement les appels à révéler l’endroit où il se trouve et à le libérer immédiatement et sans condition.
Le Dr Mohammed al-Qahtani, éminent défenseur des droits humains et universitaire, détenu arbitrairement depuis 2013, est privé de tout contact familial depuis le 24 octobre 2022. Les autorités saoudiennes refusent de fournir toute information sur lui depuis le 24 octobre 2022, le soumettant à une disparition forcée. Il aura purgé l’intégralité de sa peine le 22 novembre 2022.
Le 30 octobre, la femme du Dr. al-Qahtani a appelé la prison pour savoir où il se trouvait, et le gardien lui a répondu qu’il avait été transféré dans une autre prison. L’agent pénitentiaire a refusé de divulguer l’endroit où se trouve à présent le Dr. al-Qahtani.
Sa famille soupçonne les autorités de l’empêcher de les contacter pour le punir d’avoir porté plainte contre les agressions répétées dont il a été victime à la prison d’al-Ha’ir de la part de prisonniers souffrant de troubles de santé mentale, que les autorités ont placé dans la même aile que al-Qahtani et d’autres prisonniers d’opinion. Des situations similaires ont conduit à des décès complètement évitables, notamment celui de Musa al-Qarni, horriblement assassiné par un détenu de la prison de Dhahban en octobre 2021. En mai 2022, le Dr. al-Qahtani a été battu par un autre détenu dans la même aile, et à la mi-2021, l’un des prisonniers de l’aile a tenté de déclencher un incendie.
Le Dr al-Qahtani, cofondateur de la Saudi Civil and Political Rights Association (ACPRA), aujourd’hui dissoute, et professeur à l’Institut d’études diplomatiques, purgeait une peine de 10 ans de prison pour des charges liées à son travail pacifique en faveur des droits humains, notamment pour « rupture d’allégeance à l’autorité » et « remise en cause de l’intégrité des fonctionnaires ». Nous rappelons que le 4 septembre 2015, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a constaté que la détention du Dr. al-Qahtani était arbitraire et a appelé à sa libération.
Suivant une nouvelle tendance inquiétante, les autorités ont continué à détenir certain·es prisonnier·es d’opinion au-delà de la fin de leur peine, et ont même essayé d’alourdir la peine de certain·es purgeant déjà des peines de prison.
Nous vous demandons instamment d’appeler les autorités saoudiennes à révéler rapidement l’endroit où se trouve le Dr Mohammed al-Qahtani et à le libérer immédiatement et sans condition. En attendant sa libération, les autorités doivent veiller à ce qu’il soit autorisé à contacter sa famille sans délai.