le Général Nezzar doit être poursuivi par le juge français

01/07/2002
Rapport

Une nouvelle plainte a été déposée devant le Procureur de la République contre le Général algérien Khaled Nezzar à Paris, du chef de tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants.

La FIDH apporte son soutien aux victimes de cette nouvelle plainte, qui fait suite à celle déposée le 25 mai 2001 contre le Général Nezzar. Le 26 mai 2001, le Général quittait le territoire français. Cette fuite était apparue comme une forme d’aveu de culpabilité sur les crimes de torture allégués à son encontre par les auteurs de la plainte. Un an après, la détermination des victimes algériennes et de leurs familles dans leur combat pour la vérité et la justice en Algérie demeure intacte.

La plainte de ce jour est déposée à l’occasion de la venue en France du Général Nezzar, qui poursuit en diffamation Monsieur Habib Souaidia, l’auteur de La sale guerre, un ouvrage (Ed. La Découverte) mettant en cause la responsabilité directe des militaires algériens, et en particulier celle du Général Nezzar, dans la crise qui frappe l’Algérie depuis 1992.

Le Général Nezzar, Ministre de la défense d’Algérie de juillet 1990 à juillet 1993, puis président du Haut Conseil d’Etat (HCE) a cautionné voire ordonné des actes de torture, notamment sur les plaignants ou des membres de leurs familles. Les enquêtes réalisées sur le terrain par les ONG de défense des droits de l’Homme et les témoignages qu’elles y ont recueillis permettent de conclure qu’il était l’un des principaux commanditaires de la politique de torture systématique menée en Algérie. Il a publiquement et ouvertement prôné et encouragé cette politique. En tout état de cause, en sa qualité de ministre de la Défense, puis de président du Haut Conseil d’Etat (HCE), il ne pouvait ignorer cette politique. Il se devait d’y mettre un terme et avait toute l’autorité nécessaire pour ce faire. Actuellement ancien ministre et général à la retraite, Khaled Nezzar ne peut se prévaloir d’aucune immunité.

La lutte contre l’impunité constitue une priorité aujourd’hui s’agissant de l’Algérie où, dix ans après le début de ce qui a constitué l’une des plus graves crises de la Méditerranée, on meurt encore, chaque jour, et où depuis 1992, il y a eu au moins trois fois plus de personnes disparues qu’au Chili sous le régime de Pinochet.

La FIDH lance un appel aux autorités françaises pour qu’elles n’entravent pas le cours de la justice.

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