ALGÉRIE : Condamnation inique du journaliste Khaled Drareni à deux ans de prison ferme en appel

15/09/2020
Déclaration

Paris-Genève, le 15 septembre 2020 - La Cour d’Alger a condamné aujourd’hui le journaliste Khaled Drareni à deux ans de prison ferme lors de son procès en appel. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (FIDH-OMCT) est consterné par cette décision et appelle les autorités algériennes à le libérer immédiatement et à mettre fin au harcèlement à l’encontre des manifestants pacifiques du Hirak.

En cette journée internationale de la démocratie, le régime algérien continue de réprimer ouvertement les défenseurs et militants pro-démocratie.

Suite à la première audience de son procès en appel, qui s’est tenue le 8 septembre 2020, la Cour de Ruisseau (Alger) a rendu aujourd’hui son verdict, condamnant Khaled Drareni à deux ans de prison ferme. Si cette condamnation vient réduire la peine initiale de trois ans de prison ferme qui lui avait été infligée en première instance par le Tribunal de Sidi M’hamed (Alger) le 10 août dernier, elle n’en reste pas moins injuste et dénuée de fondement.

Khaled Drareni est incarcéré à la prison de Koléa depuis le 29 mars 2020 pour « incitation à attroupement non armé » (article 100 alinéa 1 du Code pénal algérien) et « atteinte à l’unité nationale » (article 79 du même Code) pour avoir couvert, en tant que journaliste indépendant, les manifestations du mouvement pacifique du Hirak à Alger au début du mois de mars. Ces poursuites abusives et cette condamnation à l’encontre d’un journaliste qui exerçait simplement son métier en disent long sur l’état de la liberté d’expression et la liberté de la presse dans le pays.

Par ailleurs, Samir Belarbi, figure emblématique du Hirak, et Slimane Hamitouche, parent de disparu et membre de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH), tous deux poursuivis dans le cadre de la même affaire pour avoir participé aux manifestations pacifiques et jugés également en appel aujourd’hui, ont quant à eux écopé d’un an de prison dont quatre mois de prison ferme. Ayant déjà purgé leur peine lors de leur détention préventive entre le 7 mars et le 2 juillet 2020, les deux hommes restent libres.

L’Observatoire dénonce la condamnation en appel de Khaled Drareni et appelle à nouveau les autorités algériennes à le libérer immédiatement et inconditionnellement ainsi que tous les militants pacifiques du Hirak arbitrairement détenus et à cesser le harcèlement judiciaire à leur encontre.

Accéder à la page web recensant les poursuites et le harcèlement judiciaire contre 21 défenseurs des droits humains sur le site de la FIDH et de l’OMCT

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. L’OMCT et la FIDH sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

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