Refoulement d’une mission FIDH/ REMDH/ CIHRS à l’aéroport d’Alger

22/02/2005
Communiqué

Paris, le 22 février 2005

Une mission de contact et d’écoute mandatée par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) ainsi que l’Institut de recherche sur les droits de l’Homme du Caire vient d’être refoulée à l’aéroport d’Alger.

Cette mission était composée de Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et de Khemais Chammari, chargé de mission de la FIDH.

Ce déplacement avait pour objet de prendre contact avec nos membres et partenaires ainsi que, le cas échéant, les autorités algériennes à l’approche de la tenue à Alger de la réunion des chefs d’Etat de la Ligue des États arabes.

Soucieuses de contribuer au processus de réforme du système régional que la Ligue des États arabes, son secrétaire général ainsi que la quasi totalité des chefs d’Etat arabes proclament vouloir accélérer, nos trois organisations ont pris depuis trois ans plusieurs initiatives en ce sens. Elles ont ainsi organisé conjointement des réunions regroupant à chaque fois des responsables des ONG de défense des droits de l’Homme de la région. Ces rencontres ont permis d’élaborer plusieurs propositions transmises aux instances et aux membres de la Ligue des États arabes, concernant par exemple, la révision de la Charte arabe des droits de l’Homme et le développement des mécanismes régionaux de protection des droits humains.

Nos organisations expriment leur consternation après le refoulement de leur mission par les autorités algériennes et leur indignation quant au traitement réservé à leurs chargés de mission à l’aéroport d’Alger. Ce refoulement fait suite à des difficultés du même ordre rencontrées dans la région par des défenseurs des droits de l’Homme tunisiens. Nos organisations expriment leur crainte que ces pratiques arbitraires ne résultent de la mise en oeuvre entre les États concernés, de la Convention arabe contre le terrorisme.

Nos organisations réitèrent leur conviction que les réformes souhaitées exigent :
une implication effective des ONG de défense des droits de l’Homme nationales et internationales, ainsi que des autres composantes des sociétés civiles locales ;
le respect des principaux instruments de protection des droits de l’Homme et des engagements souscrits par les États concernés.

A cet égard, le refoulement de la mission est en contradiction flagrante avec notamment, la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme de 1998, qui garantit la liberté de contact entre les défenseurs, et contredit singulièrement la volonté de dialogue alléguée par les autorités concernées.

Nos organisations réitèrent pour leur part, leur volonté d’écoute et de dialogue qu’elles croient nécessaire au renforcement des réformes envisagées.

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