Rencontre avec Loudmila Alexeeva (extrait de Femmes ici et ailleurs)

En quelques mots, Femmes ici et ailleurs a pour objectif de mettre en lumière les femmes en action, dans des domaines très divers, alors qu’elles sont oubliées des médias. Montrer des modèles différents de ce que la presse, la télévision et internet relatent est un moyen efficace d’éradiquer les stéréotypes et d’œuvrer pour l’égalité femmes-hommes, dans toutes les strates de la société. Les militantes sont à la une de ce trimestriel, avec un axe majeur et assumé lié aux combats pour les droits des femmes. Les grands reportages publiés par Femmes ici et ailleurs le sont sur 10 à 14 pages et sont presque tous des “productions maison”. La qualité de ces reportages exclusifs a été récemment reconnue dans le plus grand festival de photojournalisme au monde, Visa pour l’image. Ce trimestriel est réalisé par une association d’intérêt général, sans but lucratif. Il est indépendant et sans publicités.

Chaque trimestre, grâce au partenariat avec la FIDH, une femme emblématique est mise à l’honneur. Voici un aperçu de l’interview avec Loudmila Alexeeva :

Loudmila Mikhailovna Alexeeva, cinquante années d’activisme, cinquante années de dissidence. Membre fondatrice du Groupe Helsinki de Moscou, l’historienne, cible du régime soviétique, Prix Sakharov 2009 du Parlement européen, continue de dénoncer la politique menée par Vladimir Poutine.

Interview Pauline Panassenko.

Peut-on parler d’État de droit, dans la Russie actuelle ?
Loudmila Alexeeva : La Russie n’a jamais été un État de droit. Ces derniers temps, la situation a empiré. Les violations, par les autorités, des droits des citoyens sont devenues quotidiennes.

Et sur le plan international ?
LA : Nous nous sommes brouillés avec tout le monde à l’Ouest ! Avant, c’était un facteur qui leur faisait retenir un peu la bride. Avec l’annexion de la Crimée, nous montrons, et avec une certaine fierté, que ni les accords internationaux, ni les principes moraux en vigueur entre deux États civilisés ne nous arrêtent.

Comment la population russe juge-t-elle cette “annexion” des provinces de l’Est ukrainien ?
LA : Malheureusement, la plus grande partie de nos concitoyens soutient cette politique. Pour eux, la Russie s’est relevée. Cet appui massif de la population permet à nos autorités de se comporter avec autant d’indécence. Je pensais que vingt-cinq ans après la chute du rideau de fer, les mentalités auraient changé, mais le syndrome impérialiste s’est révélé être plus vivace. C’est le plus triste. Au moment de l’annexion de la Crimée, les sondages ont montré que 83% des Russes soutenaient cette action illégale et, de mon point de vue, amorale. Au lieu d’aider un voisin vulnérable, nous usons de sa faiblesse pour nous approprier un morceau de son territoire.

Qu’est-ce qui rend si difficile la démocratisation de la Russie ?
LA : La Russie n’a pas de tradition d’État démocratique, d’État de droit. Et c’était un empire. Nombre de Russes regrettent que nous ayons cessé de régner sur d’autres peuples. Je crois que ce sentiment impérialiste nous est propre. Mais nous deviendrons nous aussi un État démocratique européen, parce que de par notre emplacement géographique, de par notre culture, de par le degré d’instruction de notre société, de par ses intérêts économiques et politiques, nous sommes un pays européen.

Découvrez la suite dans le numéro 8 de Femmes ici et ailleurs.

En ce moment, l’association propose exceptionnellement aux personnes intéressées de découvrir Femmes ici et ailleurs gratuitement et sans engagement. Il leur suffit d’écrire à pyginet@femmesicietailleursmag.com en donnant leur adresse postale complète et le magazine leur sera expédié sous quelques jours.

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