Affaire Bolotnaïa : les 7 personnes condamnées aujourd’hui doivent être libérées

24/02/2014
Communiqué
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Un tribunal de Moscou a condamné aujourd’hui sept personnes de l’affaire Bolotnaïa à des peines allant jusqu’à quatre ans de détention en colonie pénitentiaire. Elles ont été jugées coupables d’avoir participé à des « émeutes de masse » et de s’être livrées à des « violences contre la police » lors d’une manifestation organisée le 6 mai 2012 à la veille de l’investiture de Vladimir Poutine. La FIDH condamne ces sentences sévères et demande leur libération immédiate.

« L’affaire Bolotnaïa est une mascarade », a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH. « Des experts indépendants ont conclu qu’il n’y avait pas eu d’émeutes de masse le 6 mai », a-t-il ajouté.

Ce n’est pas une coïncidence si ces sentences scandaleusement sévères ont été annoncées au lendemain de la fin des Jeux olympiques de Sotchi

a affirmé Tolekan Ismailova, vice-présidente de la FIDH

« Au moment où l’attention internationale s’éloigne de la Russie, la répression des protestations pacifiques s’intensifie dans le pays. La communauté internationale doit demander la libération de tous les prisonniers du 6 mai » a-t-elle ajouté.

Les sentences annoncées par la juge Natalia Nikichina se présentent comme suit : 4 ans de colonie pénitentiaire pour Sergeï Krivov, 3 ans et 7 mois pour Andreï Barabanov, 3 ans et 6 mois pour Denis Loutskevitch, Alexeï Polikhovitch et Stepan Zimine, 2 ans et 7 mois pour Artem Savelov, 2 ans et 6 mois pour Iaroslav Beloousov. Alexandra Naumova a été condamnée à 3 ans et 3 mois avec sursis. Ils ont tous déjà passé plus d’un an et demi en détention arbitraire. La FIDH demande également la libération de Mikhail Kosenko, un autre manifestant de la place Bolotnaïa. Il avait été déclaré malade mental le 8 octobre 2013 et forcé à suivre un traitement psychiatrique.

Des centaines de personnes ont manifesté pacifiquement aujourd’hui devant le tribunal contre la condamnation des manifestants de la place Bolotnaïa. 200 d’entre elles ont été arrêtées. Déjà, le 21 février 2014, les manifestations organisées devant le tribunal s’était soldée par des arrestations massives.

La FIDH, ainsi que d’autres organisations internationales de défense des droits humains, ont chargé un groupe d’experts d’examiner des centaines d’éléments de preuve et témoignages oraux, écrits et enregistrés des événements du 6 mai 2012. Les experts ont conclu que des épisodes violents isolés se sont produits. Mais les documents en leur possession ne suffisaient pas à qualifier l’événement dans sa globalité de « non pacifique » et encore moins à le qualifier d’« émeutes de masse ». Leur rapport (Événements du 6 mai 2012 sur la place Bolotnaïa de Moscou : expertise) souligne également que les protestations sur la place Bolotnaïa se sont déroulées dans des conditions qui étaient de nature à provoquer une éruption de violence : de nombreux manifestants avaient été longuement confinés par la police dans un espace très étroit. Des enregistrements vidéo suggèrent que la police s’est livrée à de multiples reprises à un usage disproportionné de la force et a arrêté un nombre élevé de personnes qui n’avaient pas commis d’actes violents.

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