Paris, Bichkek, 11 décembre 2025. Documentaristes du monde entier, défenseur·es des droits humains, artistes et citoyen·nes se rassemblent pour faire vivre un espace de liberté toujours plus fragile. Face aux pressions croissantes sur la société civile kirghize, ce rendez-vous demeure essentiel.
Un espace unique
Créé par des défenseur·es des droits humains, Bir Duino est l’un des rares festivals indépendants d’Asie centrale consacrés au documentaire social et politique. Il accueille des cinéastes venu·es du Kirghizistan, de la région et d’au-delà, offrant une plateforme indispensable à celles et ceux qui documentent les réalités contemporaines, souvent au péril de leur sécurité.
« Soutenir Bir Duino, c’est soutenir la société civile kirghize et son rayonnement international. Dans un contexte où les libertés se restreignent, il est primordial que ces voix restent audibles, visibles, et reconnues », déclare Alexis Deswaef, président de la FIDH.
Un contexte de plus en plus préoccupant
Depuis plusieurs années, les autorités kirghizes renforcent leur arsenal législatif contre les ONG, les médias indépendants et les initiatives citoyennes critiques. Les projets de lois visant à restreindre le financement étranger, la liberté d’association ou l’expression publique ont accru les risques pesant sur les acteur·ices de terrain.
Dans ce contexte, Bir Duino joue un rôle central : il offre un espace sécurisé, ouvert au débat, où les œuvres cinématographiques deviennent des outils de résistance pacifique, de mémoire et de mobilisation. Le festival contribue également à renforcer le dialogue entre artistes, documentaristes et défenseur·es des droits humains venu·es du monde entier, tout en donnant une visibilité régionale et mondiale aux enjeux locaux.
Pour Ilya Nuzov, directeur du bureau Europe de l’Est et Asie centrale à la FIDH, « la fermeture de l’espace civique au Kirghizistan doit absolument être enrayée : le Kirghizistan a longtemps été un modèle de transition démocratique en Asie centrale ; nous espérons qu’il redevienne cet exemple pour les autres pays de la région. »
La FIDH appelle les partenaires internationaux, les organisations culturelles et les autorités à garantir la protection des participant·es au festival et à reconnaître la contribution essentielle des documentaristes à la vie démocratique.