Arrestation de 99 personnes dont le président de la Ligue des droits de l’Homme : la FIDH demande une enquête

AFP

(Bruxelles, Paris) La FIDH dénonce fermement les arrestations par la police ce samedi 2 avril à Bruxelles de 99 personnes, dont le président de son organisation membre en Belgique la Ligue des Droits de l’Homme, qui souhaitaient rendre hommage aux victimes des attentats terroristes perpétrés le 22 mars en Belgique. Elle demande l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits humains commises par la police.

Les arrestations sont intervenues devant la Bourse de Bruxelles, où un mémorial a été spontanément créé par la population suite aux attentats du 22 mars. Elles ont été effectuées sans autre motif apparent que la nécessité de faire respecter l’interdiction des manifestations et rassemblements en lien avec les appels à rassemblements de groupuscules d’extrême droite annoncée par les autorités locales le 1er avril. Les personnes qui ont été arrêtées – des militants des droits humains et des simples citoyens ciblés en raison de leur orientation politique supposée - souhaitaient montrer leur solidarité avec les victimes et leurs familles ainsi que leur opposition ferme aux propos islamophobes des mouvements extrémistes qui avaient appelé à manifester samedi après-midi dans la commune de Molenbeek.

Alexis Deswaef, président de la Ligue belge des Droits de l’Homme, a été interpellé dès son arrivée Place de la Bourse, arrêté, menotté et enfin emmené à la caserne d’Etterbeek où il a été contraint de vider ses poches et remettre son portable, puis photographié et mis en cellule, avant d’être enfin relâché une heure et demie après son arrestation. Les autres personnes arrêtées ont été relâchées seulement après plusieurs heures de détention. Un grand nombre de policiers a été déployé et la place devant la Bourse a été temporairement fermée par la police.

La réaction disproportionnée des autorités face à un rassemblement pacifique qui avait pour but de commémorer les victimes des attentats témoigne d’une dérive sécuritaire qui risque de mettre en danger les valeurs démocratiques que ces mêmes autorités sont censées protéger. La réaction des autorités est encore plus inacceptable quand on la compare à la tolérance dont ont fait preuve les forces de l’ordre envers les 450 extrémistes qui ont marché sur la Bourse le 27 mars en criant des slogans haineux et en faisant des saluts nazis. 

Ces arrestations constituent une violation de la liberté de réunion et d’association pacifiques, qui est protégée par de nombreux instruments internationaux [1] et qui ne peut être restreint qu’en cas de circonstances exceptionnelles et dans le respect des principes de stricte nécessité et proportionnalité.

La FIDH demande aux autorités d’enquêter sur les agissements de la police et de rendre ses conclusions publiques.

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