Belarus : Valiantsin Stefanovic et Marfa Rabkova sont enfin libres !

20/03/2026
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Yauhen Yerchak / ANADOLU / Anadolu via AFP

La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) se réjouit de la libération tant attendue des membres du Human Rights Center Viasna, Valiantsin Stefanovic et Marfa Rabkova, de la défenseure des droits humains Nasta Loika et d’autres prisonniers et prisonnières politiques bélarusses.

Paris, 20 mars 2026. 250 personnes incarcérées au Belarus ont été relâchées le 19 mars 2026, parmi lesquelles la défenseure des droits humains et coordinatrice du service de volontariat de Viasna, Marfa Rabkova, le membre du Conseil de Viasna et ancien vice-président de la FIDH, Valiantsin Stefanovic et la cofondatrice de l’ONG bélarusse Human Constanta, Nasta Loika. Tou·tes les trois ont injustement incarcéré·es en représailles de leur activité légitime de défense des droits humains et ont passé plusieurs années en prison.

La FIDH se félicite de la libération de ses collègues injustement emprisonné·es en représailles de leur activité de défense des droits humains et exprime son soulagement et sa solidarité avec eux, elles et leurs familles.

« Voir les courageux·ses défenseur·es de Viasna enfin libres est un immense soulagement. Valiantsin et moi avons été élus ensemble vice-présidents de la FIDH au Congrès de Taïpei en 2019, et nous sommes connus au cours de notre mandat au sein du Bureau international de la FIDH. Puis, Valiantsin a été arrêté en juillet 2021 et condamné pour avoir exercé son activité légitime de défense des droits humains durant le régime dictatorial au Belarus. Je témoigne mon plus profond respect à mon ami Valiantsin, Marfa et l’ensemble des prisonniers et prisonnières politiques  », déclare​ Alexis Deswaef, président de la FIDH.

Marfa Rabkova a été violemment arrêtée le 17 septembre 2020 et condamnée à 14 ans et neuf mois de prison pour avoir docuementé des violations des droits humains et organisé un dispositif de surveillance des élections présidentielles 2020. Durant sa détention, sa santé s’est considérablement détériorée en raison des conditions d’incarcération inhumaines. Marfa Rabkova s’est vu refuser à plusieurs reprises la visite de ses proches, y compris après le décès de son père.

Valiantsin Stefanovic a été arrêté le 14 juillet 2021 et condamné à neuf ans d’incarcération dans un établissement pénitentiaire haute sécurité sur la base d’accusations de fabrication de fausse monnaie montées de toutes pièces. En détention, il a subi des pressions et de mauvais traitements graves, tels que des mises à l’isolement et des contacts limités avec sa famille.

Arrêtée le 28 octobre 2022, Nasta Loika a été condamnée à sept ans de prison. Elle a été accusée d’incitation à la haine et d’avoir reçu des financements de l’étranger. En détention, elle a subi des actes de torture et des traitements inhumains, entraînant de graves problèmes de santé.

On ne sait pas à ce jour si Marfa Rabkova, Valiantsin Stefanovic et Nasta Loika peuvent choisir de rester au Belarus. Les autorités bélarusses ont déjà expulsé, contre leur gré, des personnes libérées, parfois sans leur fournir de papiers, ce qui pourrait constituer à un crime contre l’humanité de déportation.

Ces libérations ont été négociées dans le cadre d’un processus continu entre les autorités du Belarus et des États-Unis. Précédemment, le 13 décembre 2025, les autorités bélarusses avaient libéré plus de 120 prisonniers et prisonnières politiques, dont le fondateur de Viasna et lauréat du prix Nobel de la paix, Ales Bialiatski et l’avocat de Viasna, Uladzimir Labkovich, en contrepartie de la levée de certaines sanctions imposées par les États-Unis contre le régime de Lukashenka. Suite à leur libération, des défenseur·es des droits humains de Viasna ont été expulsé·es du Belarus vers des pays européens.

La FIDH exhorte les autorités bélarusses à libérer immédiatement et sans condition l’ensemble des personnes emprisonnées pour raisons politiques, et à mettre fin à toute persécution pour motif politique susceptible de constituer des crimes contre l’humanité. La FIDH appelle également la communauté internationale à soutenir et à protéger les personnes libérées après leur détention au Belarus, notamment en leur fournissant un soutien médical, psychologique et financier.

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