Elections législatives : la FIDH appelle les autorités à ne pas répéter les erreurs du passé

21/09/2012
Communiqué
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Le 23 septembre 2012, les Bélarusses seront appelés aux urnes pour élire leurs députés. Ces élections s’inscrivent dans un climat différent des présidentielles tristement connues de 2010. Deux partis de l’opposition ont récemment retiré leurs candidats et ont appelé au boycott des élections, en soutien aux prisonniers politiques.

« Si le contexte politique actuel laisse penser que les élections de dimanche se dérouleront plus calmement qu’en 2010, il ne faut pas sous-estimer les capacités de nuisance et de répression des autorités. Nous n’oublions pas ce qui s’est passé il y a deux ans et, pour cela, nous rappelons aujourd’hui au gouvernement qu’il doit respecter les droits civiques de son peuple », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Lors des élections présidentielles de 2010, sept des dix candidats avaient été arrêtés quelques heures après l’annonce des résultats. Le régime les avait accusés de "troubles massifs à l’ordre public". A l’heure actuelle, M. Statkovitch, l’un des candidats malheureux, se trouve toujours derrière les barreaux. Les autres ont été libérés, mais certains d’entre eux ont dû demander pardon à Lukachenko.

Malheureusement, les élections parlementaires au Bélarus se déroulent sur un fond de répression continue à l’encontre de l’opposition politique, de la société civile et des journalistes indépendants. Le 18 septembre 2012, lors d’une manifestation appelant les Bélarusses à boycotter les élections, des activistes, mais aussi des journalistes, et parmi eux des représentants des médias internationaux ont été battus et arrêtés.

Quatorze prisonniers politiques sont aujourd’hui enfermés au Bélarus et leurs conditions de détention et de recours en justice font l’objet d’une grande inquiétude. La FIDH exige leur libération immédiate.

L’opposition politique n’est pas la seule a avoir subi les foudres du gouvernement. Depuis décembre 2010, l’ensemble de la société civile est harcelée et les pressions se font de plus en plus pesantes.

Symbole de cette répression, Ales Bialiatski, vice-président de la FIDH et directeur du Centre des Droits de l’Homme « Viasna » a été arrêté le 4 août 2011 et condamné à 4,5 ans de prison. Il fêtera ses 50 ans le 25 septembre prochain.

« Les conditions de détention d’Ales ont toujours été très difficiles, mais les autorités s’appliquent à les rendre plus dures depuis quelques semaines. Sa femme, seule personne de son entourage autorisée à le voir en prison, s’est vu restreindre le nombre de visites » a conclu Mme Belhassen.

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