Andreï Pochobut libéré, la répression continue

02/07/2012
Communiqué
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Paris, le 2 juillet 2012. La FIDH se réjouit de la libération d’Andreï Pochobut, président adjoint de l’Union des Polonais du Belarus et éminent journaliste du quotidien polonais Gazeta Wyborcza. Cependant, la FIDH déplore le fait que les accusations arbitraires dont il a fait l’objet n’ont pas été levées et que sa condamnation avec sursis n’a pas été annulée. La FIDH est par ailleurs profondément préoccupée par l’intensification des mesures répressives à la veille du jour de l’Indépendance du Belarus, le 3 juillet.

Andreï Pochobut a été libéré le 30 juin 2012 après que son statut de détention ait été modifié, même s’il n’est cependant pas autorisé à quitter la ville de Grodno jusqu’à son procès. Le 21 juin, Pochobut a été arrêté et accusé sous l’article 367.2 du Code pénal. Selon nos sources, il lui est reproché d’avoir diffamé le président Loukachenko dans des articles publiés sur les sites Internet « Charte97 » et « Partisan bélarusse ». Pochobut se trouve déjà sous le coup d’une condamnation de trois ans de prison avec sursis qui a été prononcée le 5 juillet 2011 par le Tribunal du district Léninski (ville de Grodno) et qui lui a déjà valu de passer trois mois en détention provisoire, sous le même chef d’accusation ; par conséquent, il pourrait désormais être condamné à une peine de prison ferme allant jusqu’à sept ans.
 
Le 27 juin 2012, les bureaux de l’Union des Polonais du Belarus à Grodno ont été perquisitionnés. Ces locaux avait officiellement été loués au nom de Pochobut. Des officiers de police affirmant être à la recherche de documents anti-gouvernementaux et de littérature subversive ont confisqué des ordinateurs et divers documents afin de les faire examiner par les enquêteurs chargés de l’instruction de l’affaire Pochobut.
 
La libération de Pochobut constitue une étape positive, mais il faut absolument qu’elle soit suivie par l’abandon total de toutes les charges pesant contre lui. Le harcèlement judiciaire visant les activistes à la veille du jour de l’Indépendance du Belarus a montré que les tendances répressives à l’œuvre au Belarus sont toujours aussi vivaces. Ces derniers jours, plusieurs jeunes activistes ont été arrêtés et détenus pour « troubles mineurs à l’ordre public ». Par exemple, Vitaliy Vasilkov a été interpellé et détenu le 30 juin en vertu de l’article 17.1 du Code administratif, prétendument pour avoir participé à une rixe le 21 juin, en dépit du fait que ce jour-là, il ne se trouvait pas dans le pays (il passait un examen en Russie).
 
La FIDH condamne les tentatives des autorités bélarusses de réduire au silence les voix dissidentes à l’approche des célébrations du jour de l’Indépendance, et appelle le Belarus à :
 
· Abandonner toutes les charges visant Pochobut et mettre immédiatement fin à toute forme de harcèlement contre lui ;
· Mettre immédiatement fin à toute forme de harcèlement et de persécution contre les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les activistes de l’opposition ;
· Libérer immédiatement tous les prisonniers politiques ; et respecter la liberté d’expression et de conscience garantie par la Constitution du Belarus ainsi que par les standards internationaux et régionaux que le Belarus s’est engagé à appliquer.

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