COLLECTIF DES HUMORISTES EUROPEENS

13/03/2000
Communiqué

Le 15 février, au lendemain des élections qui portèrent au pouvoir le parti de Jorg Haïder, le duo de comiques le plus populaire d’Autriche s’est vu privé de son émission hebdomadaire sur les ondes de l’ORF, la radio télévision publique autrichienne.

Dans le même temps, le Parti de la Liberté (FPÖ), a déposé plainte à leur encontre pour diffamation et " menaces illégales " contre Jorg Haïder. Cette plainte et la suspension d’antenne de Chistoph Grissemann et Dirk Stermann interviennent 5 mois après qu’ils ont tenu les propos qui leur sont reprochés, devant un nombre restreint de journalistes appartenant à un journal artistique tiré à 200 exemplaires. Des extraits de ceux-ci, qui avaient été publiés par ce journal en octobre 1999, ont été repris après les élections par un journal régional proche du parti conservateur. Bien que les deux comiques aient présenté leurs excuses, le parti de Jorg Haïder a décidé de porter plainte et le parquet a ouvert une information judiciaire. Dans le même temps, les deux comiques étaient suspendus par leur direction pour une durée indéterminée.

Alors que l’attention internationale se focalisait sur les mesures que le nouveau gouvernement allait prendre dans les domaines de l’immigration et de la situation des étrangers en Autriche, c’est donc la liberté d’expression, et singulièrement le milieu culturel, qui se retrouvent dans la ligne de mire des partisans d’extrême-droite. Sans préjuger du fond de l’affaire, le Collectif des humoristes européens et la FIDH considèrent que cette éviction et cette plainte sont disproportionnées au regard des propos tenus par les deux humoristes. Intervenues en outre quelques jours après le licenciement d’un journaliste en raison de ses positions anti-Haïder, elles représentent une alerte inquiétante quant à l’évolution des libertés publiques en Autriche, et une confirmation des craintes émises par l’ensemble des organisations de défense des droits de l’Homme depuis l’entrée au gouvernement autrichien de l’extrême droite. Cette affaire rappelle plus que jamais l’indispensable vigilance dont il faut faire preuve à l’égard des nouveaux dirigeants autrichiens.

Présence de :
Dieudonné, Guy Bedos, Jean-Marie Bigard, Marc Jolivet,
Tom Novembre, Jamel, Eric et Ramsy...

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