Morts en Méditerranée : les Etats européens doivent créer des voies de migration légales et sûres

En l’espace de quelques jours, plus de 700 personnes sont mortes ou portées disparues alors qu’elles essayaient de traverser la Méditerranée pour rejoindre les côtes européennes. Au lendemain de ce dernier drame la FIDH exhorte l’Union européenne et ses Etats membres à instaurer sans délai des voies de migration légales et sûres pour empêcher que de nouvelles tragédies n’aient lieu.

Le naufrage qui eu lieu la semaine du 8 septembre en Méditerranée au large des côtes libyennes, faisant 500 morts, démontre, si cela restait encore à prouver, que la politique migratoire européenne est un désastre. Aux dérives sécuritaires (comme en témoigne le renforcement croissant de Frontex et la création de systèmes de surveillance comme Eurosur) qui ignorent ou violent les droits humains des migrants s’ajoute depuis longtemps une restriction drastique des voies de migration légales. Devant l’extrême difficulté de gagner l’Europe de manière légale et sûre, les personnes qui décident d’émigrer dans cette direction, le plus souvent poussées par la nécessité de fuir les conflits et les persécutions, sont contraintes d’essayer de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune, au péril de leurs vies, qu’elles mettent entre les mains de passeurs peu scrupuleux, et parfois assassins. 200 personnes ont également disparues dans un second naufrage qui a eu lieu dimanche à l’est de Tripoli.

« La situation est devenue plus qu’intenable. Les événements récents montrent que les réformes cosmétiques en matière de politique migratoire consenties par les décideurs européens pour améliorer le respect des droits fondamentaux des personnes migrantes sont largement insuffisantes. L’Europe doit prendre la mesure de sa responsabilité dans ces tragédies et réformer sa politique en profondeur », a déclaré Karim Lahidji, Président de la FIDH.

Selon les témoignages de deux palestiniens qui ont pu être sauvés, les passagers du bateau qui transportait 500 personnes étaient des Syriens, des Palestiniens, des Egyptiens et des Soudanais. « Il ne faut pas arrêter d’insister sur le fait que la plupart des personnes qui périssent tragiquement en tentant de rejoindre les côtes européennes sont des réfugiés. Ils ont donc droit à une protection internationale et à obtenir l’asile en Europe. L’Union Européenne a le devoir de les protéger. Mais au contraire, elle ne les laisse même pas accéder à son territoire. Cette situation est intolérable ! », s’est exclamé Dan Van Raemdonck, Secrétaire général de la FIDH.

« Face aux graves crises qui se déroulent actuellement aux portes de l’Europe, les Etats membres de l’Union européenne doivent accueillir davantage de réfugiés et mettre en place des voies de migration pour leur permettre de gagner leur territoire de manière légale et sûre », a affirmé Geneviève Jacques, chargée de mission pour la FIDH. Cette politique doit être encouragée par l’Union européenne, conformément aux recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe publiées en juin dernier.

La FIDH saisira dans les prochains jours le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits humains des migrants, sans préjudice d’autres actions.

La FIDH est membre de la campagne Frontexit qui a pour but de dénoncer la focalisation de la politique migratoire européenne sur la surveillance des frontières, au détriment des droits humains des personnes migrantes. La FIDH soutient également les survivants du « bateau cercueil » dans leur quête de justice.

Lire la suite
communique