Résolution urgente du Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme pour le Congrès de la FIDH (Quito, 2-7 mars 2004)

06/03/2004
Rapport

Alarmé par l’imminence de son procès, le 35ème Congrès de la FIDH, réuni du 2 au 7 mars 2004 à Quito, en Equateur, exprime son plus ferme soutien à Pham Que Duong (73 ans), détenu depuis le 28 décembre 2002 et accusé arbitrairement d’espionnage. Sa famille n’a eu connaissance de l’acte d’accusation que le 3 février 2004 mais n’a pu en faire une copie. Cette atteinte au droit de la défense laisse présager un procès inique dont le Vietnam est malheureusement si familier.

Pham Que Duong, ancien colonel de l’Armée Populaire de la République Socialiste du Vietnam, historien renommé et journaliste, risque une peine allant de 12 ans d’emprisonnement à la détention perpétuelle, voire la peine capitale (article 80 du Code pénal vietnamien), simplement pour s’être engagé avec ferveur, et dans le respect des lois, dans la défense pacifique des droits de l’Homme.

En effet, ces dernières années, il n’a eu de cesse de prôner des réformes politiques et de prendre des initiatives visant à asseoir une démocratie respectueuse des droits fondamentaux au Vietnam. A l’occasion des élections législatives de mai 2002, il avait tenté en vain de se présenter aux suffrages populaires, mais les autorités avaient censuré sa candidature « libre » (non-communiste) du fait de ses positions dissidentes.

Aux côtés de 20 autres intellectuels et vétérans communistes, il a signé une Pétition appelant à l’abrogation du décret 31/CP sur la « détention administrative », au respect des droits de l’Homme et à la mise en place d’une juridiction constitutionnelle (2 août 2002). Dans le cadre de la campagne gouvernementale contre la corruption, il a demandé, avec le dissident Tran Khue, l’autorisation de fonder une association indépendante idoine (septembre 2002). Toutes ces actions et bien d’autres encore lui ont valu interrogatoires et harcèlements continus de la police. Mais ne faiblissant pas dans son engagement, il a finalement été arrêté le 28 décembre 2002.

Pham Que Duong ne sera que le dernier dissident en date à subir l’étouffement de la liberté d’expression sous le prétexte fallacieux d’une « atteinte à la sécurité nationale ». Les années 2002 et 2003 ont en effet marquées par la répression de la communication d’idées et d’informations dans le pays et au delà des frontières, taxée « d’espionnage ».

Il risque de rejoindre les nombreux autres « cyberdissidents » (comme Le Chi Quang, Nguyen Khac Toan, Pham Hong Son...) et défenseurs des droits de l’Homme (Thich Huyen Quang, Thich Quang Do...) aujourd’hui en camp de rééducation ou en « détention administrative » parce qu’ils ont refusé pacifiquement l’oppression du peuple vietnamien par la dictature.

Le 35ème Congrès de la FIDH exige donc la libération immédiate et inconditionnelle de Pham Que Duong, ainsi que de toutes les autres personnes incarcérées d’une manière ou d’une autre du fait de l’exercice légitime de leurs droits fondamentaux ou de leur engagement en faveur des droits l’Homme.

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