LA FIDH APPELLE A L’OUVERTURE ET A LA TRANSPARENCE

01/04/1998
Communiqué

A l’occasion de la visite en France, le 1er avril 1998, de Monsieur Phan Van Khai, Premier Ministre de la République Socialiste du Vietnam, la FIDH dénonce avec vigueur le double langage des autorités vietnamiennes : elle viennent en effet une nouvelle fois de démontrer que leur volonté proclamée de développer un " dialogue constructif " dans tous les domaines de la coopération internationale, a en réalité pour limite la question du respect des normes universelles de protection des droits de l’Homme.

La FIDH doit ainsi constater, pour le déplorer, l’impossibilité d’entamer tout dialogue direct avec le Premier Ministre vietnamien, alors qu’une demande d’audience vient une nouvelle fois de rester sans réponse. Pourtant, pour devenir constructif, un dialogue ne doit-il pas pouvoir être amorcé ?

De fait, s’agissant de certaines situations - et c’est le cas du Vietnam - ce " dialogue constructif " semble devoir être le monopole des seuls Etats. Et l’on sait la duplicité voire la complicité qui peut en découler de la part des Etats occidentaux : combien de fois les droits de l’Homme n’ont-ils pas été ainsi sacrifiés sur l’autel du commerce ou des intérêts à courte vue ?

Faute d’avoir pu faire part directement de ses préoccupations aux autorités vietnamiennes, la FIDH a décidé d’en saisir la communauté internationale, et est donc intervenue aujourd’hui à cet effet devant la Commission des droits de l’Homme des Nations-Unies, qui tient actuellement sa 54ème session.

Pour avancer effectivement sur une voie constructive, la FIDH appelle les autorités vietnamiennes à fournir une réponse positive à la demande de visas qu’elle a récemment renouvelée, afin d’enquêter directement sur les informations alarmantes dont elle est saisie et de pouvoir s’en entretenir avec les autorités. L’année du Cinquantenaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme doit être celle d’un engagement clair des Etats à oeuvrer pour sa mise en oeuvre : cet engagement appelle la transparence et l’ouverture, et non la réthorique et la confidentialité des cabinets ministériels.

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