Détentions illégales de manifestants en Belgique lors de la visite du président chinois

07/04/2014
Communiqué
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Des Tibétains et des activistes belges de la cause tibétaine qui cherchaient à manifester pacifiquement pendant la visite de Xi Jinping à Bruges, en Belgique, le 1er avril ont été détenus pendant plusieurs heures et se sont vus confisqués des drapeaux tibétains. L’autorisation d’organiser une manifestation pacifique avait pourtant été accordée par le maire de Bruges.

Nos organisations [1] signalent les points suivants :

  • Les détentions d’au moins 13 Tibétains et de 3 citoyens belges, qui étaient en route vers le lieu de rassemblement de la manifestation, ou bien se trouvaient près du lieu où le Président chinois devait faire un discours devant les étudiants du Collège d’Europe.
  • Inge Hermans, musicienne à l’opéra d’Anvers et présidente de Vrienden van Tibet, a été arrêtée et fouillée lors de sa garde à vue et a été détenue dans une « cellule froide et humide » pendant plusieurs heures. La police lui a dit que lors de la visite de Xi Jinping qu’« il n’y avait pas de démocratie en Belgique » et que « les règles avaient changé ».
  • La confiscation par la police de drapeaux tibétains contenus dans les sacs de civiles.
  • Un manifestant tibétain a été jeté à terre par la police et un agent en civil a tenté de lui mettre du tissu dans la bouche pour l’empêcher de crier que le Président Xi devait parler au dalaï-lama (vidéo de l’incident disponible ici)
  • Certains Tibétains en route pour la manifestation ont été enfermés dans un fourgon de police qui leur a dit que « seuls les Chinois sont autorisés à être là, pas les Tibétains ».
  • Le chef de la police de Bruges a dit à un journaliste qu’à la demande des forces de sécurité chinoises , toutes les fenêtres sur la route du président chinois devaient être inspectées pour éviter que des drapeaux tibétains ou des photos du Dalaï-lama n’y soient placés. Le chef de la police a dit à la journaliste : « Les ordres étaient clairs : le président Xi ne devrait voir ou entendre aucune protestation tibétaine " (voir à ce propos l’article de Koen Theunes du 2 avril dans De Nieuwsblad).

En 2000, lors d’une visite d’Etat à Londres par l’ancien président chinois Jiang Zemin, la police métropolitaine britannique a enlevé des drapeaux et des bannières de manifestants pacifiques sur le Mall et ont positionné des camionnettes pour bloquer les manifestants. Free Tibet Campaign a déposé une plainte légale contre la police, qui a concédé plus tard que ses agents avaient agi illégalement.

Réagissant aux événements du 1er Avril 2014 à Bruges, Vincent Metten , directeur européen pour International Campaign for Tibet, a déclaré : « Le gouvernement chinois ne devrait pas être autorisé à exporter ses mesures répressives contre la liberté de réunion et d’expression en Belgique. Il est inacceptable que la police dise à des citoyens belges que les règles normales de démocratie sont suspendues parce que le Président chinois est en ville. Des manifestations pacifiques de Tibétains se sont tenues dans les pays visités par le Président chinois, mais à notre connaissance il n’y a qu’à Bruges que de telles mesures préventives ont été menées. On dénonce ces violations de la liberté d’expression et de réunion par les autorités belges. »

« On assiste à une tendance particulièrement inquiétante, où les États membres de l’Union Européenne apparaissent de plus en plus démissionnaires s’agissant de promouvoir les droits humains lorsqu’ils dialoguent avec la Chine. » à déclare Karim Lahidji, président de la FIDH. « Le 1er avril, un cap particulièrement dangereux a été franchi. Non seulement la Belgique n’a pas adressé un message clair concernant les droits humains en Chine mais les droits de humains ont été bafoués sur son propre territoire. Il s’agit d’une dérive inacceptable, et nous demandons que les autorités s’en expliquent et que les responsabilités soient dégagées. »

Nos organisations ont compilé des témoignages de citoyens belges et tibétains touchés par ces mesures et étudient les différentes options de réaction, y compris par des voies légales.

Pour un compte rendu plus détaillé des événements de 1er avril 2014, voir la compilation de témoignages préparés par le ICT et Lungta Association.

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