Conseil des droits de l’homme des Nations unies - 61e session
Point 5 : Adoption des conclusions de l’Examen périodique universel des Maldives
23 mars 2026
Monsieur le vice-président,
La FIDH et le Maldivian Democracy Network se réjouissent de l’acceptation par le gouvernement des Maldives de 83 % des recommandations reçues dans le cadre de l’EPU.
Toutefois, ce chiffre ne reflète pas toute la réalité. Nous nous préoccupons que le gouvernement invoque des motifs religieux pour rejeter massivement d’importantes recommandations.
Par exemple, n’ont été acceptées aucune des recommandations relatives à la discrimination fondée sur la religion, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, au droit à la liberté de religion ou de croyance, et presque toutes les recommandations visant à abolir la peine de mort.
Cette attitude révèle l’adhésion dangereuse à un relativisme religieux et culturel et un rejet total de l’universalité des droits humains.
Concernant la peine de mort, les déclarations du gouvernement qui n’envisage pas de moratoire officiel et son refus d’accepter une recommandation visant à maintenir le moratoire de facto en vigueur, sont inquiétantes et incitent à une vigilance accrue de la part des États abolitionnistes qui doivent continuer à faire pression sur le gouvernement des Maldives afin qu’il prenne des mesures en faveur de l’abolition de la peine capitale.
Si nous saluons l’acceptation par le gouvernement de toutes les recommandations relatives à la protection des défenseur·es des droits humains et des membres de la société civile, y compris face à l’extrémisme religieux, il apparaît clairement que ces engagements n’ont été suivis, jusqu’à présent, d’aucune action concrète.
Les membres de la société civile indépendante ne se sentent pas en sécurité aux Maldives, comme le montrent l’exil de plusieurs défenseur·es des droits humains majeur·es fuyant leur pays ces dernières années, et les attaques de défenseur·es, parfois meurtrières.
Nous renouvelons nos appels en faveur de la protection effective des défenseur·es des droits humains aux Maldives et du réenregistrement du Maldivian Democracy Network.
Nous observons également que le gouvernement a refusé de fournir un calendrier pour la publication des conclusions de la Commission des décès et des disparitions, près de deux ans après sa dissolution. Nous réitérons notre appel en faveur de la diffusion sans délai des conclusions aux familles concernées.
Merci.