Soutien à Jafar Panahi et à Taxi Téhéran

16/04/2015
Evénement
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La FIDH est fière d’apporter son soutien au réalisateur iranien Jafar Panahi et à son dernier film : Taxi Téhéran

« Le gouvernement iranien continue d’essayer de réduire au silence les voix indépendantes et pacifiques qui s’expriment en faveur des droits de l’homme » a déclaré Karim Lahidji, Président de la FIDH. « La FIDH continuera de soutenir la liberté d’expression en Iran, et le droit de personnes telles que Jafar Panahi, d’exercer le métier de leur choix et de voir leur libertés fondamentales respectées ».

Jafar Panahi a été arrêté le 1er mars 2010, pour avoir réalisé un film dans lequel il critique l’état iranien, et pour avoir envisagé de projeter son film à l’extérieur de l’Iran. Il a été libéré sous caution en mai 2010 et en décembre 2010, il a été condamné à six années de prison par la 26ème Chambre du Tribunal Révolutionnaire Islamique pour, entre autres accusations, « rassemblement, collusion et propagande contre l’état ». Il lui a de plus été interdit d’exercer toute activité professionnelle, publique et sociale pour une durée de 20 ans ; cette interdiction inclut l’interdiction de réaliser des films, d’écrire des scénarios, de voyager à l’étranger et de donner des interviews à des médias, qu’ils soient iraniens ou étrangers. Pahani a pourtant poursuivi ses activités, réalisant des films de manière clandestine et s’exprimant ouvertement contre la politique répressive du gouvernement iranien. [1] Aux côté d’autres grands défenseurs des droits de l’homme, Panahi est l’un des membres fondateurs de la campagne “Pas à pas pour l’abolition de la peine de mort” (Step by Step to Stop the Death Penalty Campaign) en Iran. En 2012, Panahi et Nasrin Sotoudeh, avocate des droits de l’homme, ont reçu le Prix Sakharov pour la Liberté de Penser, décerné par le Parlement européen.

L’indice Liberté de la Presse publié par Reporters sans Frontières a classé l’Iran en 173ème position (sur 180 pays) en 2014 ainsi qu’en 2015, et le gouvernement continue de réprimer brutalement la liberté d’expression dans pratiquement tous les domaines. La quasi-totalité des nouveaux sites internet indépendants sont bloqués en Iran et de nombreuses personnes – et en particulier des défenseurs des droits de l’homme et des dissidents politiques – sont victimes de harcèlement, de menaces, et sont emprisonnées au seul motif qu’elles ont échangé des messages privés satiriques au moyen de leurs téléphones portables. Un certain nombre de ces personnes ont été jugées par les Tribunaux Révolutionnaires Islamiques et condamnées à des peines allant de 1 à 8 ans de prison. Les raisons invoquées par l’état pour justifier une telle censure s’appuient sur des accusations très ambigües telles que « dissémination de propagande contre l’état », « publication de contenu contraire à la morale », « agissements contre la sécurité nationale » et « blasphème ». Deux personnes au moins ont été condamnées à mort pour avoir « insulté le prophète », et en 2014, une personne accusée « d’hérésie » a été exécutée.

La FIDH condamne fermement ces violations incessantes de la liberté d’expression et de penser et applaudi le travail de Jafar Panahi qui prête sa voix au nombreux iraniens réduits au silence par leur gouvernement.

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