2 mars 2026. Ce dernier conflit armé, démarré alors que l’Iran et les États-Unis menaient des négociations sur le programme nucléaire iranien, a déjà coûté de nombreuses vies humaines dans la population civile et causé la destruction d’infrastructures civiles. La FIDH exhorte avec la plus grande fermeté toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités, à prioriser la protection de la population civile, et à se soumettre à des enquêtes internationales indépendantes sur les violations présumées.
« Les actions des États-Unis et d’Israël constituent une fois de plus une violation du droit international relatif à la légitime défense, ainsi que du droit humanitaire international. Elles n’ont eu pour effet que de déstabiliser encore davantage la région, avec de lourdes pertes humaines et matérielles, et doivent être explicitement condamnées », a souligné le président de la FIDH Alexis Deswaef. « Les attaques menées en représailles par l’Iran sur les infrastructures civiles violent également le droit humanitaire international et doivent, être elles aussi, explicitement condamnées ».
Comme l’a souligné la FIDH en juin 2025, l’article 51 de la Charte des Nations unies, la jurisprudence et le droit international coutumier de la Cour internationale de Justice (CIJ) autorisent l’usage de la force en légitime défense uniquement en réponse à une véritable attaque armée. De plus, le droit humanitaire international stipule que, même si l’utilisation de la force est autorisée, l’intervention militaire doit respecter les principes de nécessité, de proportionnalité et de distinction entre les cibles militaires et civiles. Au moins 175 personnes, dont une majorité d’enfants, ont été tuées lors d’une frappe sur une école élémentaire de filles à Minab, dans le sud de l’Iran. Les informations font état de centaines de personnes civiles tuées dans plusieurs villes iraniennes, y compris lors d’attaques ciblant des hôpitaux. Au même moment, des frappes de représailles menées par l’Iran ont ciblé non seulement des bases militaires étasuniennes dans la région, mais également des hôtels et des immeubles à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Koweït.
Toutes les violations présumées - notamment les attaques aveugles, disproportionnées, ciblant délibéremment les populations et infrastructures civiles, les structures médicales et les écoles - doivent faire l’objet d’enquêtes rapides, indépendantes et transparentes. En cas de preuve de crimes de guerre ou de graves violations, les responsables, quel que soit leur grade ou leur fonction officielle, doivent être redevables conformément au droit international.
« L’ingérence étrangère ou l’intervention militaire ne résoudront pas des décennies de violations graves et systématiques des droits humains par les autorités iraniennes - nombre d’entre elles constituant les crimes internationaux les plus graves. La transition démocratique en Iran doit s’appuyer sur le respect des droits humains et sur un processus de justice transitionnelle établi sur une large base, sans engendrer plus de conflits et de violations des droits humains, et certainement pas sur des actes d’agression contre l’Iran. Le droit international devrait être au cœur de la pratique des États », a déclaré le président de la Ligue de défense des droits de l’Homme en Iran (LDDHI) et président d’honneur de la FIDH, Karim Lahidji.
La FIDH appelle les États membres des Nations unies, le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale des Nations unies en vertu de la résolution « Union pour le maintien de la paix », et les mécanismes onusiens compétents en matière de droits humains - dont la Mission d’établissement des faits pour l’Iran - à garantir la protection civile, des enquêtes indépendantes, la conservation des preuves et les voies d’accès à la justice. Une transition démocratique en Iran doit s’appuyer sur les moyens légaux et multilatéraux.