Une nouvelle mascarade électorale

04/06/2009
Communiqué

Le 12 juin 2009, les Iraniens éliront un nouveau Président de la République. « Il semble d’ores et déjà évident que ces élections sont une mascarade destinée à tromper l’opinion publique iranienne et internationale, en donnant au régime un semblant de légitimité », a déclaré Karim Lahidji, Vice-président de la FIDH et Président de la LDDHI..

En effet, sur plus de 300 candidats qui s’étaient présentés aux élections présidentielles, seuls quatre d’entre eux ont été sélectionnés par le Conseil des Gardiens, un organe consultatif non électif désigné directement par le Guide suprême. Lors des dernières élections présidentielles, en 2005, plus de 1000 personnes avaient présenté leur candidature aux élections, et le Conseil des Gardiens n’avait retenu que six candidats.

Les quatre candidats qui restent en lice sont Hossein Mousavi, ancien premier ministre, Mehdi Karroubi, ancien Président du Parlement, et Mohsen Rezai, ancien chef des gardes révolutionnaires (Pásdárán). Le 4ème candidat n’est autre qu’Ahmadinejad lui-même, le Président sortant.

Depuis l’élection d’Ahmadinejad à la Présidence de la République islamique, la situation des libertés n’a fait que se dégrader : opposants politiques, journalistes, défenseurs des droits de l’Homme, minorités ethniques et religieuses, mouvements pour l’égalité entre hommes et femmes, syndicalistes, étudiants – tous ont payé le prix fort pour oser élever la voix et demander des réformes. La fermeture en décembre dernier du Centre des défenseurs des droits de l’Homme, organisation membre de la FIDH en Iran, et les pressions constantes et multiformes exercées contre ses membres, témoignent notamment de cet extrême degré de répression. « Un contexte où la société civile est systématiquement bâillonnée et réprimée est incompatible avec des élections libres et équitables », a ajouté Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH.

Le Comité pour la défense des élections libres, honnêtes et équitables, une initiative du Centre des défenseurs qui réunit diverses tendances politiques, s’est donné pour tâche d’examiner la législation et les pratiques en matière électorale. Il a fermement dénoncé les prises de position de la Islamic Republic of Iran Broadcasting Organization (IRIB), le principal organisme de radio et télévision national, systématiquement en faveur du Président sortant, candidat à sa réélection. En outre, au cours des dernières semaines, les responsables des organes chargés d’organiser et de superviser les élections ont pris plusieurs fois position en faveur du candidat Ahmadinejad, se départant de manière flagrante de leur obligation de neutralité.

La FIDH et la LDDHI appellent les autorités iraniennes à mettre un terme aux pressions et à la répression à l’encontre de la société civile iranienne, et à lui permettre de se prononcer librement et sans craintes de rétorsions sur les élections du 12 juin. Elles appellent une nouvelle fois les autorités iraniennes à permettre la réouverture du Centre des défenseurs, seule voie de recours crédible pour les victimes des violations des droits de l’Homme en Iran. Et plus généralement, à assurer le respect de l’article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui prévoit le droit de tout citoyen « de voter et d’être élu, au cours d’élections périodiques, honnêtes, au suffrage universel et égal et au scrutin secret, assurant l’expression libre de la volonté des électeurs ».

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