Iran : Cinq activistes politiques exécutés : Besoin urgent d’une action efficace

10/05/2010
Communiqué
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Le matin du 9 mai 2010, cinq prisonniers politiques ont été exécutés à la prison de Evin, à Téhéran. Quatre d’entre eux appartenaient à la minorité Kurde d’Iran, et ont été condamnés du fait de leur engagement au sein du groupe armé PJAK, le parti pour une vie libre au Kurdistan, la branche iranienne du PKK.

Farzad Kamangar, Ali Heydarian et Farhad Vakili ont été arrêtés en juillet 2006, et ont toujours nié avoir eu des liens avec le PJAK. Ils ont été condamnés à l’issue d’ un procès expéditif tenu à huis clos. Shirin Alam-Shulee a été arrêtée à son tour en juin 2008. Elle aurait été victime de torture à l’occasion d’un interrogatoire, puis condamnée à mort. Récemment, elle avait subi des pressions de la part des autorités dans le but de lui faire avouer à la télévision ses connections avec le PJAK, pratique courante sous le régime iranien.

La cinquième personne exécutée, Mehdi Eslamian, condamné pour sa participation à des attentats à la bombe à Shiraz, n’a jamais cessé de clamer son innocence. Déjà en mai 2009, son frère Mohsen Eslamian ainsi que deux autres personnes furent exécutés pour sabotage.

Aucun membre de la famille des activistes n’a été informé de leur exécution imminentee, pas plus que leurs avocats.

« Les individus issus des minorités ethniques kurdes, baloutches ou arabes du sud de l’Iran sont souvent victimes d’exécutions sommaires suite à des parodies de procès. Ces pratiques illustrent bien le mépris total du gouvernement iranien pour sa propre population, ainsi qu’à l’égard des normes internationales relatives aux droits de l’Homme, qu’il devrait pourtant respecter, » a déclaré le Vice-président de la FIDH et Président de la LDDHI, Karim Lahidji.

Le 15 mars, le parquet de Téhéran annonçait que six personnes qui avaient manifesté à la suite des élections avaient été condamnés à mort, au motif qu’ils combattaient la volonté de Dieu.
Ce mois-ci, deux autres manifestants à la suite des élections ont été condamnés à leur tour à la peine capitale pour avoir eu soi-disant des liens avec les Moujahedin.

« Ces condamnations et exécutions, qui répondent à des considérations politiques, isolent encore davantage le régime sur la scène internationale. Les autorités ont récemment retiré leur candidature à un siège au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, de peur de ne pas y être élu ; par ailleurs, l’examen périodique universel qui s’est tenu en février dernier a pu constater un affaiblissement du soutien des alliés traditionnels de Téhéran », a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH.

La FIDH appelle la communauté internationale à prendre des mesures concrètes afin de répondre à cette situation extrêmement préoccupante, et en particulier à :

- Constituer une commission d’enquête composée des procédures spéciales pertinentes des Nations Unies, dans le but d’enquêter sur les violations des droits de l’Homme en lien avec les élections du 12 juin,

- Discuter de l’adoption d’éventuelles sanctions individuelles par les Nations Unies à l’encontre des auteurs de graves violations des droits humains en Iran,

- Prendre des mesures efficaces pour prévenir et sanctionner les entreprises qui pourraient se rendre complice de violations des droits de l’Homme perpétrées en République islamique d’Iran. En particulier, les exportations d’équipement d’écoute et autres équipements utilisés pour contrôler l’accès à internet et à d’autres médias en Iran, ainsi que de tout matériel utilisés pour réprimer brutalement les manifestants doivent être interdits.

Pour plus d’informations sur la situation en Iran :

- Mise à jour spéciale à l’occasion du congrès mondial contre la peine de mort, février 2010, disponible sur le site de la FIDH à cette adresse :
http://www.fidh.org/La-peine-de-mort-en-Iran-une-politique-de-la
(avril 2009, « la peine de mort en Iran, une politique de la terreur »)

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