Inde : plainte aux Nations unies suite à la détention d’un éminent défenseur des droits humains cachemiri

22/11/2022
Communiqué
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Sameena Mir / Creative Commons

Paris-Genève, le 22 novembre 2022. À l’occasion du premier anniversaire de l’arrestation et de la détention de l’éminent défenseur des droits humains cachemiri Khurram Parvez, quatre organisations de défense des droits humains ont déposé une plainte auprès du Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies (Onu).

« La détention de Khurram Parvez présente tous les signes d’une détention arbitraire, en violation flagrante des normes juridiques contraignantes que l’État indien s’est engagé à respecter. »

Gerald Staberock, secrétaire général de l'Observatoire mondial contre la torture (OMCT)

« Depuis plus d’un an, les tribunaux nationaux n’ont pas réussi à faire respecter l’état de droit et le droit international. C’est pourquoi nous saisissons le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire pour qu’il se prononce sur le caractère arbitraire de la détention de Khurram Parvez, et pour qu’il exige des autorités indiennes qu’elles le libèrent. », poursuit Gerald Staberock.

Khurram Parvez a travaillé sans relâche au cours des 20 dernières années pour documenter les violations des droits humains au Jammu-et-Cachemire. Il est le coordinateur de la Coalition de la société civile du Jammu and Kashmir Coalition of Civil Society (JKCCS) et de la Association of Parents of Disappeared Persons (APDP), et le président de la Asian Federation Against Involuntary Disappearances (AFAD). M. Parvez est également un éminent chercheur au sein de l’initiative sur les conflits politiques, le genre et les droits des personnes du Center for Race and Gender de l’université de Californie à Berkeley.

« En plus d’être détenu arbitrairement depuis un an, Khurram Parvez risque une peine de prison à vie et la peine de mort, dans un acte flagrant de représailles pour ses activités légitimes et pacifiques en faveur des droits humains », explique Alice Mogwe, présidente de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).

« Khurram Parvez n’aurait pas dû passer une seule minute derrière les barreaux et devrait recevoir réparation pour sa privation de liberté prolongée et injuste. »

Alice Mogwe, présidente de la FIDH

Khurram Parvez a été arbitrairement arrêté le 22 novembre 2021, par des agent·es de la National Investigation Agency (NIA), à la suite de 14 heures de perquisition à son domicile et au bureau de la Jammu Kashmir Coalition of Civil Society (JKCCS) à Srinagar, au cours desquelles ses appareils électroniques et plusieurs documents ont été saisis. Depuis, M. Parvez est poursuivi sous de multiples accusations forgées de toutes pièces, liées à l’association de malfaiteurs et au terrorisme, et ses droits fondamentaux à une procédure régulière et à un procès équitable ont constamment été violés.

Les groupes de défense des droits humains réitèrent leurs appels à la libération immédiate et inconditionnelle de M. Parvez et à l’abandon de toutes les charges retenues contre lui.

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