Inde : Le gouvernement doit rétablir immédiatement les libertés fondamentales au Jammu-et-Cachemire

09/08/2019
Communiqué
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Les sévères restrictions à la liberté d’expression et de réunion pacifique imposées ces derniers jours dans l’État du Jammu-et-Cachemire par les authorités indiennes doivent immédiatement cesser, et les droits humains de tous garantis, a déclaré la FIDH et son organisation membre, People’s Watch.

"Les habitants du Jammu-et-Cachemire souffrent depuis longtemps de violations de leurs droits fondamentaux. L’approche brutale de Delhi vis-à-vis de l’ordre public dans l’État du Jammu-et-Cachemire doit être immédiatement inversée et toutes ses politiques et actions doivent respecter les obligations de l’Inde en matière de droits humains en vertu du droit international.”

Adilur Rahman Khan, FIDH Vice-President

Dans la nuit du 4 août 2019, l’armée indienne a déployé 10 000 soldats supplémentaires dans le Jammu-et-Cachemire et les autorités ont presque complètement bloqués les communications par Internet et par téléphone mobile. En outre, plusieurs personnalités politiques de l’État ont été placés en résidence surveillée, des établissements d’enseignement ont été fermés jusqu’à nouvel ordre et une interdiction générale a été imposée aux réunions et rassemblements publics. Ces mesures sont apparemment liées à la décision du gouvernement indien d’abroger les articles 370 et 35A de la Constitution indienne, qui confèrent un statut spécial à l’État du Jammu-et-Cachemire. Le 5 août 2019, la Rajya Sabha (la Chambre haute du Parlement indien) a approuvé la motion du gouvernement visant à abroger les deux articles de la Constitution.

“La militarisation accrue de l’État du Jammu-et-Cachemire constitue une menace pour la population civile locale, qui est régulièrement la cible des forces de sécurité indiennes. Delhi doit immédiatement lever la fermeture Internet généralisée, qui pourrait servir de couverture à d’éventuelles violations des droits humains commises par les forces de sécurité de l’État.”

Adilur Rahman Khan, FIDH Vice-President

La FIDH et People’s Watch s’inquiètent des informations selon lesquelles plusieurs dirigeants politiques du Jammu-et-Cachemire auraient été placés en résidence surveillée la nuit du 4 au 5 août 2019, parmi lesquels les anciens ministres Mehbooba Mufti et Omar Abdullah.

“Il n’y a absolument aucune justification à la privation arbitraire de liberté des dirigeants politiques du Jammu-et-Cachemire. Le gouvernement indien doit immédiatement libérer toutes les personnes détenues au cours des derniers jours et rétablir les réseaux de communication sans délai.”

Henri Tiphagne, People’s Watch Executive Director

Les violations des droits humains perpétrées dans le Jammu-et-Cachemire sous administration indienne n’ont cessé de croître au cours des dernières décennies et vont des exécutions extrajudiciaires aux disparitions forcées et à la torture, en passant par les arrestations arbitraires et les détentions fréquentes en vertu de lois répressives. Le gouvernement restreint régulièrement les droits à la liberté d’opinion et d’expression, notamment par le biais de la censure, de la surveillance, de l’interdiction des médias sociaux et des coupures de communication. Selon un rapport de l’OHCHR publié en juillet 2019, pas moins de 25 cas de coupures d’Internet au Jammu-et-Cachemire au cours des quatre premiers mois de 2019 seulement.

L’Inde fait partie du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui garantit les droits à la liberté d’expression, à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association.

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