L’ICNK se félicite de la demande du Rapporteur Spécial de l’ONU d’examiner les preuves et d’envisager une enquête sur les violations des droits de l’Homme en RPDC

19/10/2012
Communiqué
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New York, 18 octobre 2012. La Coalition mondiale pour mettre un terme aux crimes contre l’humanité en Corée du Nord (ICNK) se félicite du dernier rapport soumis à l’Assemblée Générale des Nations Unies le 3 octobre 2012 à New York par Marzuki Darusman, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC). L’ICNK note en particulier la réitération des remarques faites un peu plus tôt dans l’année par le Rapporteur spécial lors d’une conférence sur la Corée du Nord à Washington, ainsi que sa déclaration dans laquelle il appuie « que les décennies de violations flagrantes des droits de l’Homme en République Populaire Démocratique de Corée ont été largement documentées par des sources variées, ainsi que par des organisations du système onusien, et il appelle les États et la communauté internationale à entreprendre une étude complète de tous les documents, afin d’évaluer les tendances et schémas sous-jacents et d’envisager la mise en place d’un mécanisme détaillé d’enquête. »

Le rapport daté du 13 septembre 2012 fait l’état des lieux de la crise des droits de l’Homme, humanitaire et économique à laquelle est confrontée le peuple nord-coréen, ainsi que la crise alimentaire chronique. Il met aussi l’accent sur la nature généralisée et systématique de certaines violations des droits de l’Homme, qui d’après le Rapporteur spécial des Nations Unies « pourraient être qualifiées de crimes contre l’humanité ». Le rapport soulève en particulier la politique discriminatoire de ’culpabilité par association’ pratiquée par le gouvernement, et appelle à la libération de ceux qui sont en prison à cause de cette politique. Le rapport dénonce la songbun ou hiérarchie des classes imposée par le gouvernement sur la société, divisant le peuple nord-coréen en catégories de ’base’, ’hésitante’ et ’hostile’, et les restrictions ou privations de nourriture, d’aide humanitaire, d’opportunité de travail et d’éducation subies par ces classes. Le rapport fait aussi référence aux déclarations récentes du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un affirmant que « sa première, seconde et troisième priorités sont de renforcer les forces armées ». Il note également que la constitution de la RPDC a été modifiée en juin 2012 afin d’établir le pays en tant que puissance nucléaire. Cependant, aucun amendement n’a été fait pour « harmoniser la constitution avec les instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme ».

La Rapporteur spécial des Nations Unies conclue qu’il n’y a aucune indication d’amélioration du “bilan lamentable du pays en matière des droits de l’Homme.”

La politique de rapatriement forcé pratiquée par la Chine, violant les standard internationaux de non-refoulement a également été soulevée, et le Rapporteur spécial établit que ceux qui fuient la Corée du Nord pour des raisons économiques ou politiques, devraient selon le droit international être considérés comme étant des réfugiés sur place.

L’ICNK soutient fortement la recommandation du Rapporteur spécial appelant la communauté internationale à examiner les preuves rapport crédibles réunies ces dernières années par les Nations Unies et les organisations non-gouvernementales internationales, avec pour objectif d’établir une Commission d’Enquête des Nations Unies sur les crimes contre l’humanité.

Phil Robertson, Directeur-adjoint de la division Asie de Human Rights Watch a déclaré : « Le rapport du Rapporteur spécial ne devrait laisser aucun doute aux États membres des Nations Unies quant à la gravité de la crise des droits de l’Homme en Corée du Nord. Le peuple nord-coréen fait face à des violations brutales, soit par le déni de nourriture à cause de leur classification politique, soit par l’emprisonnement selon le principe de la culpabilité par association, ou par d’autres formes de mauvais traitement. Il est urgent pour les Nations Unies de prendre en compte les conseils du Rapporteur spécial, et d’examiner toutes les preuves, afin d’établir un dossier pour la mise en place d’une Commission d’Enquête formelle sur les crimes contre l’humanité.”

Benedict Rogers, chef d’équipe de la division Asie de l’Est de Christian Solidarity Worldwide a ajouté : « Le Rapporteur spécial a fait des tentatives de visites persistantes et courageuses en Coréen du Nord, mais le gouvernement lui a refusé tout accès. Il a malgré cela rédigé un rapport accablant, soutenu par de nombreux témoignages de Nord Coréens qui ont fuit le pays, et il est évident qu’une enquête internationale est attendue depuis trop longtemps. Il n’y aucun espoir de mettre un terme à l’impunité dans la nation la plus fermée du monde sans pression internationale, et il est donc temps pour les Nations Unies de se montrer à la hauteur de ses valeurs et de mobiliser la volonté collective d’aborder de manière urgente, l’une des situations les plus graves en matière des droits de l’Homme ».

Rajiv Narayan, rédacteur de la division Asie de l’Est à Amnesty International a déclaré : « Le rapport du Rapporteur Spécial est un rappel opportun du bilan désastreux de la Corée du Nord en matière des droits de l’Homme, et que les Nord Coréens continuent de souffrir de toutes formes de violations. Les États membres de l’ONU doivent soutenir l’appel du Rapporteur spécial à entreprendre un examen complet de tous les pièces disponibles. Il doivent aussi envisager la mise en place d’un mécanisme d’enquête plus détaillé, particulièrement à la suite des conclusions établissant que l’emprisonnement systématique et massif, ainsi que d’autres privations graves de liberté en violation du droit international, pourraient constituer des crimes contre l’humanité. »

Pour plus d’information, veuillez contacter :

A Séoul, Kwon Eun Kyoung (coréen, anglais) : +82-505-470-7470 ; +82-17-508-8815 (portable) ; ou kekyoung@gmail.com

A Tokyo, Kanae Doi, Human Rights Watch (japonais, anglais) : +81-3-5282-5162 ; +81-90-2301-4372 (portable) ; ou doik@hrw.org

A Bangkok, Phil Robertson, Human Rights Watch (anglais, thaï) : +66-85-060-8406 (portable) ; ou robertp@hrw.org

A Paris, David Knaute, Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (français, anglais) : +33(0)143551407, dknaute@fidh.org

A Londres, Benedict Rogers, Christian Solidarity Worldwide (anglais) : +44-208-329-0041 or +44-7823-329664 ; ou ben@csw.org.uk ;

A Londres, Rajiv Narayan, Amnesty International (anglais) : +44-207-413-5540 ou rnarayan@amnesty.org,

A New York, David Hawk (anglais) : +1- 718 644 2963 (portable) ; ou hawkdavid@hotmail.com

Notes :

1. Le rapport complet et disponible : [http://www.fidh.org/IMG/pdf/rapportonu.pdf]

2. Pour plus d’informations sur l’ICNK : www.stopnkcrimes.org

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