Chine : Libérez les défenseurs des droits des femmes

20/03/2015
Appel urgent
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L’Observatoire pour la protection des défenseurs des Droits de l’Homme demande aux autorités chinoises de libérer immédiatement et inconditionnellement les cinq défenseurs des droits des femmes détenues en amont de la journée internationale des droits des femmes. Leur détention ne vise en effet qu’à sanctionner leurs activités légitimes et pacifiques de défense des droits de l’Homme. Dans l’attente, leur droit à un procès équitable doit être pleinement respecté.

Les 6 et 7 mars 2015, neuf défenseurs des droits des femmes et pour l’égalité des genres, ont été arbitrairement arrêtés (pour plus d’informations, voir l’appel urgent de l’Observatoire du 13 mars). Cinq d’entre elles, à savoir Mlle. Li Tingting, aussi connue sous le pseudonyme de “Li Maizi”, manager du programme LGBT au centre Yirenping de Pékin, Mlle. Wu Rongrong, fondatrice et directrice exécutive du centre pour femmes Weizhiming d’Hangzhou, Mlle. Zheng Churan, aussi connue sous le pseudonyme de “Datu”, membre du centre Yirenping à Guangzhou, Mlle. Wei Tingting, directrice de l’organisation Ji’ande pour les droits des personnes LBGT à Pékin, et Mlle. Wang Man, coordinatrice du Global Call to Action Against Poverty (GCAP) basée à Pékin, restent à ce jour en détention dans la capitale, sans qu’aucun chef d’accusation n’est officiellement été retenu contre elles.

Les cinq défenseurs n’ont pu accéder à leurs avocats lors des six premiers jours de leur détention. Depuis lors, quatre d’entre elles à savoir, Li Tingting le 12 mars, Wu Rongrong le 16 mars, Zheng Churan le 17 mars, et Wei Tingting le 18 mars, ont pu s’entretenir avec leurs avocats. Cependant, Wang Man reste toujours privée de son droit à d’accès à un avocat.

Après leur rencontre le 16 mars, l’avocat de Mlle. Wu Rongrong dont les médicaments ont été confisqué, a déclaré que l’état de santé de sa cliente n’était pas compatible avec une détention prolongée et que celle-ci n’avait pas reçues les soins médicaux requis par son état depuis le début de sa détention. Mlle. Wu Rongrong qui souffre de diabète et de troubles aiguës de la digestion, a du sur ordre des forces de police, dormir sur le sol. De même, les lunettes de Mlles. Wei Tingting et Zheng Churan, toutes deux atteintes de myopies sévères, ont été confisquées.

« Les cinq défenseurs des droits des femmes doivent être libérées immédiatement, à défaut, les chefs d’accusations retenus contre elles doivent être officiellement prononcés », a dit Karim Lahidiji, Président de la FIDH. «  En cas d’accusation, celles-ci devront bénéficier de conditions de détention décentes et pouvoir accéder, sans entraves, à leurs avocats. »

Des rassemblements en soutien aux cinq détenus ont été organisé à travers le monde. Le 18 mars 2015, des manifestations ont eu lieu à New Delhi en Inde, devant l’ambassade chinoise à Séoul en Corée du Sud, ainsi qu’à New-York City aux États-Unis devant le siège de l’ONU où se tient actuellement la 59ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW). Selon son ordre du jour, la CSW doit examiner « l’application de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing [et] les défis actuels affectant [sa] mise en œuvre, ainsi que les opportunités en faveur de la réalisation de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes dans le programme de développement pour l’après-2015 ». Plusieurs ONG ont également appelé à manifester en soutien aux cinq détenues le 21 mars, à Hong Kong.

« Un nombre élevé d’agression à l’encontre des défenseurs des droits des femmes à été enregistré par l’Observatoire en amont de la journée internationale des droits des femmes. Les pratiques discriminatoires contre les défenseurs des droits des femmes ne sauraient être tolérées », a ajouté Gerald Staberock, Secrétaire général de l’OMCT.

De plus, des représentants de l’Union européenne et des Etats-Unis ont publiquement appelés à la libération des cinq activistes.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (OBS) est un programme créé en 1997 par la FIDH et l’OMCT (Organisation mondiale contre la torture). Son objectif est d’intervenir pour prévenir ou remédier à des situations précises de répression contre les défenseurs des droits humains.

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