Visite de Hu Jintao en France : et les droits de l’Homme ?

26/01/2004
Rapport

Alors que le Président chinois, Hu Jintao, entame aujourd’hui en France une visite d’Etat de quatre jours, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) appellent les autorités françaises à placer les droits de l’Homme au centre des discussions.

« Hu Jintao préside la République populaire de Chine depuis moins d’un an. Les espoirs que ce changement à la tête de l’Etat avait fait naître ont été largement déçus », a déclaré Sidiki Kaba, Président de la FIDH.

La répression reste systématique à l’encontre des personnes qui tentent d’établir des partis politiques ou des syndicats indépendants, des cyber-dissidents et des mouvements religieux indépendants (notamment les églises clandestines chrétiennes et le mouvement Falun Gong). Il en est de même des avocats qui défendent des cas politiquement sensibles. Les protestations sociales contre les licenciements massifs et la fermeture des usines d’Etat sont systématiquement réprimées.

La politique de "rééducation par le travail" permet la détention de milliers de personnes sans aucune forme de procès en raison du caractère administratif - et non pénal - de la procédure. La torture est très largement répandue et toute personne privée de sa liberté est une victime potentielle, en dépit du fait que la Chine a ratifié la Convention des Nations unies contre la torture en 1988.

La peine de mort est appliquée régulièrement : elle sanctionne plus de 68 infractions, parmi lesquelles des actes non violents.

Dans le Xinjiang, la campagne brutale contre la communauté musulmane a été renforcée sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme. Cette campagne s’inscrit dans une stratégie visant à contrôler la population Ouïghour de la région autonome, par la peur et l’intimidation. Dans ce cadre, les violations du droit à un procès équitable sont quotidiennes et les sentences prononcées très lourdes.

Par ailleurs, les droits fondamentaux du peuple tibétain sont toujours gravement violés. Les moines et nonnes bouddhistes comme toute personne promouvant la culture et la religion tibétaines sont arrêtés et emprisonnés.

"Les autorités françaises se doivent de soulever ces questions avec le Chef de l’Etat chinois. Les personnes qui risquent leur vie, en Chine, pour un plus grand respect des droits de l’Homme et de l’Etat de droit, n’en attendent pas moins de la France ", a conclu Michel Tubiana, Président de la LDH.

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