« Libertés d’expression et de réunion menacées »

16/02/2006
Rapport
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Alors que la conférence des donateurs pour le Cambodge doit se réunir début mars à Phnom Penh, la FIDH rend public un rapport intitulé « Libertés d’expression et de réunion menacées au Cambodge ».

« Aujourd’hui, un climat de crainte prévaut au Cambodge. Les autorités conjuguent diverses méthodes afin de restreindre les libertés d’expression et de réunion pacifique, essentielles au fonctionnement de toute société démocratique », a dénoncé Sidiki Kaba, président de la FIDH.

La diffamation pénale est utilisée à l’encontre des opposants politiques, mais aussi des journalistes, syndicalistes, responsables d’organisations non gouvernementales et défenseurs des droits de l’Homme afin de faire taire toute voix divergente. A cet usage de la diffamation pénale, souvent assortie d’une détention provisoire immédiate, s’ajoute l’absence de réforme du système judiciaire et de la législation pénale. « Cette inertie est le fruit d’une volonté politique délibérée de laisser subsister le flou juridique quant aux textes applicables. Elle permet à l’Exécutif de maintenir sa mainmise sur le pouvoir Judiciaire, et d’utiliser ce dernier afin de réduire au silence les opinions divergentes », a ajouté Sidiki Kaba.

L’impunité qui prévaut au Cambodge, notamment s’agissant des attaques à l’encontre des opposants politiques, syndicalistes et défenseurs des droits de l’Homme, contribue également au climat de crainte actuel.

Les récentes libérations de personnes qui n’auraient en réalité jamais dû être arrêtées ne peuvent tromper la communauté internationale : la dégradation intervenue en 2005 risque de laisser des cicatrices profondes. Des signaux fermes des pays partenaires sont indispensables pour inverser la tendance et ramener les autorités vers un plus grand respect des libertés fondamentales et de l’Etat de droit. « C’est maintenant qu’il faut agir si on veut éviter une dérive autoritaire », a conclu Sidiki Kaba.

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