3 questions à Isabelle Autissier

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Interview menée par Gaël Grilhot

Pour accompagner la sortie du rapport de mission intitulé Ces
chantiers qui brisent l’enfance : le travail des enfants dans l’industrie de
recyclage des bateaux au Bangladesh
, nous avons interrogé
Isabelle Autissier sur son engagement pour les droits de
l’Homme et les questions environnementales.

1) Nous connaissons tous ton engagement au sujet des questions
environnementales, mais tu es également depuis des années aux côtés de la FIDH.
Peux-tu revenir en quelques mots sur ces engagements ?

Il me semble que ce sont deux engagements complémentaires. Pour que l’être
humain se développe, il faut un environnement sain et un corpus de droits. Je
fais partie du pool des parrains et marraines de la FIDH depuis 7 ans
maintenant. Mon rôle n’est pas, bien sûr de faire un travail juridique, mais de
relayer des informations et de faire connaître les situations surtout quand
elles touchent un domaine de compétence proche du mien.

2) Le rapport que nous publions ce jour montre un exemple de
violations massives des droits de l’Homme commises dans le cadre d’activités
ayant un rapport direct avec la mer. Quel est ton sentiment à ce sujet
 ?

Le rapport sur le travail des enfants dans la déconstruction de ces bateaux
poubelles me touchent évidemment de plus près puisqu’il s’agit d’un sujet "
maritime". A travers ma propre pratique de la mer et telle qu’elle est perçue
dans notre société, elle est plutôt associée à la liberté et à la nature. C’est
donc d’ autant plus insupportable, surtout car il s’agit de travail
d’enfants, pour qui la mer ne devrait être qu’un espace de jeu et
d’apprentissage.

3) Pollution, atteintes aux droits du travail : le transport
maritime est à l’origine de nombreuses catastrophes humaines et
environnementales. Penses-tu que nous puissions arriver un jour à faire en
sorte que cette activité devienne plus propre et plus respectueuse des droits
humains. Et, surtout comment ?

Ce n’est pas une fatalité. Ce n’est pas le transport maritime qui est en jeu,
mais la façon dont il est pratiqué et organisé quand on ne met pas l’homme au
centre de la préoccupation. Concernant la pollution maritime , on voit bien
qu’on arrive à la limiter quand on responsabilise les acteurs (transporteurs,
affréteurs ...) par des réglementations et s’il le faut par des procès. Le même
chemin peut être suivi pour les droits de l’Homme. une campagne de
sensibilisation est toujours indispensable avant pour dénoncer, informer et
faire pression sur les gouvernements. Ici nous sommes plus généralement sur la
question du travail des enfants et la responsabilité des "consommateurs" à
l’autre bout de la chaîne mérite aussi d’être soulignée.

Le rapport en version anglaise sera en ligne à partir de demain 16 septembre
2008 sur le site de la FIDH (www.fidh.org)

Voir aussi :


Inde /
Bangladesh : __Les bateaux en fin de vie - le coût humain de la démolition
des navires__

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