ONU / Conseil des droits de l’homme : déclaration sur la situation des droits humains en Afghanistan

07/03/2022
Déclaration
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Déclaration orale prononcée par la Fédération internationale des droits humains (FIDH), pour le compte d’Amnesty International, Asian Forum for Human Rights and Development (FORUM-ASIA), Human Rights Watch, de la FIDH, et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), à l’occasion du Dialogue interactif sur l’Afghanistan qui s’est tenu lors de la 49e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Lundi 7 mars 2022

Monsieur le Président,

Nos organisations continuent à être consternées par la crise des droits humains en Afghanistan.

Depuis la prise de pouvoir violente des talibans sur le pays le 15 août, ces derniers ont anéanti des avancées importantes en matière de droits humains réalisées ces 20 dernières années. La situation est particulièrement grave pour les défenseur.e.s des droits humains et les organisations de la société civile qui ont été les fers de lance du combat pour faire progresser et protéger les libertés et droits fondamentaux. Celles et ceux qui n’ont pu quitter le pays et continuent à rendre compte des violations des droits humains prennent des risques considérables, et mettent leurs vies en danger pour s’assurer que nous sommes tenus informés de ce qui se passe dans le pays. Leurs voix doivent être entendues.

Les Talibans recourent de plus en plus à la violence pour effrayer la population et la réduire au silence, notamment au moyen de disparitions forcées de défenseur.e.s des droits humains -en particulier des militant.e.s des droits des femmes-, de détentions arbitraires et de torture de journalistes, d’exécutions extrajudiciaires des responsables et agents de sécurité de l’ancien gouvernement, et de la répression de manifestations pacifiques. Les mesures de répression à l’égard des droits des femmes et des filles se multiplient, avec de nouvelles restrictions pesant sur leur liberté de circulation et leurs droits à l’éducation, à la santé et au travail. La semaine dernière, les talibans ont mené une campagne systématique de fouilles, porte-à-porte, à Kaboul et d’autres grandes villes, endommageant des propriétés privées, intimidant des résident.e.s et violant leur droit à la vie privée.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies doit continuer à surveiller l’évolution de cette crise et s’assurer que les Talibans sont tenus pour responsables de ces atteintes aux droits humains. Nous nous réjouissons de la nomination à venir d’un Rapporteur spécial de l’ONU quant à la situation en matière de droits humains en Afghanistan, et nous demandons au Conseil d’employer ce mandat à l’identification de moyens supplémentaires aux fins d’enquêter sur ces violations et chercher la redevabilité.

Merci.

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