Le gouvernement afghan et l’ONU doivent renforcer leur engagement pour la protection des droits humains en Afghanistan

22/03/2013
Communiqué
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Mardi dernier, le Conseil de Sécurité de l’ONU a renouvelé le mandat de la Mission de Nations Unies en Afghanistan (MANUA) jusqu’au 19 mars 2014. La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et la Fondation Armanshahr/OPEN ASIA, dans un document conjoint publié aujourd’hui, saluent le renouvellement du mandat, tout en exhortant le gouvernement afghan et les différents organes des Nations-Unies, y compris le Conseil des Droits de l’Homme, de prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer leur engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme en Afghanistan. Un engagement accru est particulièrement crucial en vu de la période de transition à venir en Afghanistan qui sera marquée par les élections présidentielles et le retrait en 2014 de la Force internationale d’Assistance à la Sécurité dirigée par l’OTAN.

Le nouveau mandat de la MANUA appelle à ce que plus de ressources soient allouées à la mission ainsi qu’au renforcement du rôle de la MANUA dans la coordination et la promotion de la cohérence entre les programmes, les fonds et les agences onusiens en Afghanistan. Le mandat souligne le rôle prépondérant des droits de l’homme pour bâtir la paix dans le pays.

« La situation de droits de l’Homme en Afghanistan reste encore très préoccupante et il est possible de prédire sa détérioration au cas où un plan ambitieux n’est pas adopté par la communauté internationale pour protéger et promouvoir les droits de l’Homme. Il est clair que le gouvernement afghan a jusqu’à ce jour été incapable d’établir un état de droit, de sécuriser les institutions démocratiques, d’assurer la séparation des pouvoirs et d’éradiquer la corruption en Afghanistan ; le gouvernement afghan ne sera pas capable de le faire sans un soutien international », a déclaré Guissou Jahangiri, directrice de la Fondation Armanshahr/OPEN ASIA.

« Parmi d’autres priorités, le gouvernement afghan et ses partenaires doivent agir efficacement pour protéger les populations civiles des attaques de la part des insurgés ; investir massivement dans des programmes visant a prévenir les violences contre les femmes et promouvoir le rôle des femmes au sein de la société ; mettre un terme à l’impunité continue et à la discrimination dans le système judiciaire. La récente libération des talibans afghans – y compris de hauts-cadres – pour faire avancer le processus de réconciliation, a renforcé cette culture de l’impunité, menaçant gravement la perspective d’une paix durable en Afghanistan », a-t-elle ajouté.

« L’implication des procédures Spéciales en Afghanistan a aussi été presque nulle depuis des années. Le mandat du dernier expert indépendant sur les droits de l’Homme en Afghanistan a expiré en 2005 ; le dernier rapport sur l’Afghanistan de la part d’un Rapporteur Spécial a été présenté en 2008 tandis que le dernier rapport d’un Groupe de Travail l’a été en 2009. Chaque mandat a publié des recommandations détaillées ; toutefois ces dernières n’ont pour la plupart pas encore été mises en œuvre, malgré des demandes répétées émanant inter alia du Rapporteur spécial sur la torture et du Groupe de travail sur les détentions arbitraires », a déclaré Souhayr Belhassen, président de la FIDH.

En tenant compte du retrait à venir des troupes de l’OTAN d’Afghanistan, le Conseil des droits de l’Homme et les autres organes des Nations Unies doivent agir pour envoyer un message clair à la communauté internationale afin de rester fortement engagés en Afghanistan. Le Conseil des droits de l’Homme devrait ainsi envisager la création d’un mécanisme indépendant capable soit de suivre l’évolution de la situation des droits de l’Homme, soit de fournir une assistance technique au gouvernement afghan pour renforcer l’état de droit dans le pays.

Télécharger le document de la FIDH et d’Armanshahr Foundation/OPEN ASIA.

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