La communauté internationale reste silencieuse face aux récentes violations des droits humains

20/09/2012
Communiqué
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A l’occasion de la 21e session du Conseil des Droits de l’Homme à Genève, la FIDH et Armanshahr Foundation/OPEN ASIA ont alerté la communauté internationale sur le regain de violence en Afghanistan. Ces deux derniers mois ont été marqués par une nouvelle vague d’assassinats par les Talibans. Et jusqu’à présent, le Conseil n’a pris aucune mesure concrète.

Dans son dernier rapport, la mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a indiqué que les conflits armés ont entrainé la mort de 1145 civils, lors des six premiers mois de l’année 2012. 17079 personnes ont été déplacées lors de cette même période portant le nombre total de déplacés internes à 114 900. Les talibans, qui ont publiquement déclaré qu’ils continueraient à mener des attaques sur les civils, sont responsables de 80% des victimes.

Les attaques contre les écoles ont augmenté, ce qui a freiné l’accès à l’éducation. En avril 2012, 150 écolières ont été empoisonnées par de l’eau contaminée dans la province de Takhar. Ces dernières années, plusieurs filles se rendant à l’école ont été agressées avec de l’acide.

En août 2012, une fille et un garçon âgés respectivement de 6 et 12 ans ont été décapités dans une région contrôlée par les talibans. 17 civils ont également été exécutés de la sorte dans la province de Helmand.

Le gouvernement Afghan doit enquêter sur ces meurtres atroces, conduire les responsables devant la justice et s’assurer que les familles des victimes soient dédommagées a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Les Etats doivent respecter les normes du droit international humanitaire et tout faire pour protéger les femmes lors des conflits armés a ajouté Souhayr Belhassen.

Cette année, la MANUA a été informée à plusieurs reprises que les talibans recrutaient au sein même de la police afghane. De nombreux éléments prouvent également que les forces de sécurité ont été infiltrées par les talibans, ce qui a facilité le lancement d’attaques contre les forces afghanes et internationales.

A l’aune de ces récentes atrocités, la communauté internationale doit continuer à suivre avec une grande attention la situation des droits humains dans le pays, comme elle s’est engagée à le faire lors de la conférence de Tokyo, le 8 juillet dernier. Le conseil des droits de l’Homme a la responsabilité d’empêcher tous les abus, peu importe le lieu. Nous regrettons qu’ils restent silencieux au sujet de ces crimes a déclaré Guissou Jahangiri, directrice de Armanshahr Foundation/OPEN ASIA.

Dasn un rapport publié en mai 2012 (en anglais), la FIDH et Armanshahr Foundation/OPEN ASIA avaient adressé des recommendantions au gouvernement afghan, aux Nations Unies, aux Etats membres de l’OTAN et à la CPI.

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