Encore un massacre de manifestants pacifiques. Il est maintenant plus que temps pour le Conseil de sécurité d’agir.

21/04/2006
Communiqué
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La FIDH exprime aujourd’hui ses plus vives préoccupations concernant l’escalade de la répression à l’encontre des manifestants pour la démocratie, par les forces de sécurité népalaises. La FIDH a envoyé une lettre au Conseil de Sécurité, soutenant l’appel à l’adoption immédiate de sanctions à l’encontre du roi Gyanendra, de ses principaux responsables politiques et des plus haut officiers de l’armée, jusqu’à ce que la répression cesse et que les autorités responsables de ces graves violations du droit international des droits de l’Homme soient poursuivis en justice.

« La répression a atteint un point alarmant. Nous avons déjà assisté à des exécutions la semaine passée, et depuis, cela n’a cessé de s’accentuer » a déclaré Sidiki Kaba, président de la FIDH. « Les principaux responsables de l’ONU ont condamné les précédents incidents, mais ces derniers persistent. Il est maintenant plus que temps pour le Conseil de Sécurité d’agir, auquel cas nous pouvons nous demander ce à quoi il peut servir ».

La FIDH est particulièrement choquée par les tirs contre les foules de manifestants pacifiques, qui ont causé la mort d’au moins 3 personnes aujourd’hui, selon les agences internationales de presse. Ajouté à cet usage meurtrier de la force, des passages à tabac de manifestants désarmés ont été constatés sur place par des défenseurs des droits de l’Homme. Des enfants, des femmes, des avocats, des journalistes, et des défenseurs des droits de l’Homme auraient été pris pour cible et arrêtés. L’équipe de surveillance des droits de l’Homme des Nations unies a été empêchée de se déployer par le gouvernement du Népal.

Ces exécutions surviennent après des événements sanglants similaires, qui ont causé la mort de manifestants ou de simples passants à Pokhara, Chitwan, Banepa et Parasi et à des recours excessifs à la force à Gongabu, comme l’a signalé le bureau du haut Commissariat aux droits de l’Homme au Népal.

Ces événements représentent le degré ultime d’une répression brutale observée tout au long de ces dernières semaines. Plusieurs centaines de manifestants pacifistes ont été arrêtés et arbitrairement détenus pour avoir participé à des manifestations non-violentes, en violation des droits à la liberté d’expression et de réunion.

Dans un rapport publié il y a deux jours, le bureau du haut Commissariat aux droits de l’Homme au Népal a fait part de sérieuses atteintes au droit international humanitaire et à de graves violations des droits de l’Homme entre janvier et mars cette année, qui ont suivi la rupture du cessez-le-feu par le Parti Communiste du Népal

Ces violations sérieuses incluent d’un côté des attaques des forces armées dans des zones civiles et l’utilisation de maisons civiles et d’écoles comme cibles, des bombardements aériens indiscriminés et des tirs à balle réelle par l’armée royale népalaise ; et l’utilisation d’engins explosifs artisanaux, l’enlèvement de citoyens par le parti communiste du Népal, pendant ou juste après des affrontements, des dommages et destructions de bâtiments publics, et des allégations d’assassinats de membres des forces de sécurité en situation de non combat, ainsi que l’utilisation d’enfants, de l’autre.

Les événements d’hier ont été condamnés par cinq mécanismes onusiens de protection des droits de l’Homme. Elles ont fait suite à la multiplication des condamnations et des appels à la paix, provenant notamment du Secrétaire général des Nations unies Koffi Annan, du Haut Commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme Louise Harbour, du Directeur général de l’UNESCO Koïchiro Matsuura.

Le Gouvernement népalais doit arrêter immédiatement cette répression brutale, et garantir les droits fondamentaux pour tous, incluant le droit à la vie, à l’intégrité physique et mentale, à ne pas être arbitrairement privé de sa liberté, et aux libertés d’opinion, d’expression, d’association et de réunion.

La FIDH appelle aujourd’hui le Gouvernement népalais et le Parti communiste du Népal à respecter le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’Homme.

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