La peine de mort au Japon : trois questions à Robert Badinter

25/10/2008
Communiqué

Le gouvernement japonais justifie sa position en faveur de la peine
de mort par l’avis de l’opinion publique : en effet, 81,4% de la
population y serait favorable. Que pensez-vous de cette
argumentation ?

En France, en septembre 1981, 63% des français étaient favorables à la peine
de mort. Conformément à l’annonce faite par le Président Mitterrand pendant la
campagne électorale, le Parlement a voté l’abolition. Attendre un changement de
l’opinion pour agir n’est pas la voie la plus propre à l’abolition.

Pensez-vous que la voie vers l’abolition de la peine de mort doit
passer par une réforme des mentalités ou par une décision
politique ?

La décision politique conduit à la réforme des mentalités. Aujourd’hui, en
France, l’opinion publique est en majorité hostile au rétablissement de la
peine de mort.

La loi du silence prévaut au Japon une fois la condamnation
prononcée. La famille du condamné à mort apprend souvent son exécution a
posteriori. Que pensez-vous de cette pratique ?

Je la trouve inhumaine et révélatrice de la honte qui entache tout recours à
la peine capitale dans une démocratie.


***

En 2008, la Coalition mondiale contre la peine de mort a décidé de consacrer
la journée mondiale contre la peine de mort (10 octobre) à l’Asie. On estime en
effet que 85 à 95% des exécutions du monde ont lieu sur ce continent.

Ce mois-ci la FIDH a publié un rapport de mission d’enquête sur la peine de
mort au Japon intitulé : La peine de mort au Japon : la
loi du silence, à contre-courant de la tendance internationale
.

Les conclusions de ce rapport sont accablantes : le Japon continue de
condamner à mort des criminels et de les enfermer pendant des décennies dans
des prisons où règnent le secret et l’isolement, dans l’ignorance ou le mépris
de l’opinion mondiale.

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