Deux exécutions supplémentaires...

15/09/2004
Communiqué
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La FIDH a été informée par Forum 90 (Japon) de l’exécution le 14 septembre 2004 de deux prisonniers condamnés à mort au Japon. La FIDH déplore vivement ces exécutions.

Mamoru Takuma, un ancien concierge ayant des troubles psychiques, a été condamné pour avoir poignardé à mort 8 enfants dans une école primaire à Ikeda, à 20 kilomètres d’Osaka, en juin 2001. Plusieurs autres enfants et adultes ont été blessés. Takuma a été condamné à mort en août 2003, et le jugement est devenu définitif en septembre de la même année, après que Takuma a retiré son appel auprès de la Haute Cour de justice. La défense a plaidé la démence ou la déficience mentale, mais le Tribunal du District d’Osaka a statué qu’il avait une personnalité déséquilibrée mais qu’il était totalement responsable de ses crimes.

La seconde personne exécutée est Sueo Shimazaki, qui était détenu à la prison de Fukuoka. La FIDH n’a pas plus d’information le concernant.

Sidiki Kaba, Président de la FIDH, a déclaré "quelle que soit la gravité du crime, nous sommes opposés à la peine de mort. Sa force de dissuasion n’a été jamais établie et elle va à l’encontre de la notion même de dignité humaine ainsi que du droit à la vie".

Dans un rapport publié l’année dernière, faisant suite à une mission d’enquête au Japon, la FIDH a conclu qu’en règle générale, les personnes condamnées à la peine capitale ne bénéficient pas d’un procès équitable. De plus, les conditions de détention dans le couloir de la mort peuvent être considérées comme une sorte de torture ou, au minimum, un traitement inhumain et dégradant (voir http://www.fidh.org/asie/rapport/2003/jp359f.pdf).

Le Comité des droits de l’Homme des Nations unies a, à maintes reprises, exprimé ses inquiétudes concernant le grand nombre de crimes passibles de la peine de mort au Japon, ainsi que concernant les conditions de détention des condamnés à mort et la sévérité des punitions mises en place contre les détenus, le manque de garanties procédurales lors de la détention provisoire et le nombre important de condamnations reposant sur des aveux.

La FIDH réitère son appel au Japon pour qu’il adopte un moratoire sur la peine capitale afin, à terme, de l’abolir.

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