Lima et La Haye, 3 septembre 2025. Dans un communiqué officiel, le point de contact national de l’OCDE aux Pays-Bas estime que la compagnie pétrolière Pluspetrol a porté atteinte aux droits humains des communautés autochtones.
En 2020, des représentant·es des fédérations autochtones Fediquep, Feconacor, Opikafpe et Acodecospat ont déposé une plainte officielle auprès de l’OCDE. Perú Equidad, l’une des organisations membres de la FIDH, faisait partie des organisations qui ont apporté un soutien technique aux communautés autochtones (avec Somo, Oxfam Novib et Oxfam Pérou) dans le cadre de la plainte, sur la base des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises.
Les opérations de Pluspetrol entre 2000 et 2015 ont causé une pollution environnementale dans le Lot 1AB (désormais Lot 192) de l’Amazonie péruvienne. Fuite de pétrole, décharge industrielle, pollution de l’air et des sols par du cadmium toxique et du barium font partie des impacts ayant affecté les populations Quechua du fleuve Pastaza, les Achuar du fleuve Corrientes et les Kichwa du fleuve Tigre.
Le point de contact national a exhorté Pluspetrol à réparer la totalité des dommages causés par ses activités extractives sur le territoire de la région du Loreto, accumulés pendant 40 ans d’exploitation pétrolière jusqu’à son départ. En 2021, les autorités péruviennes compétentes en matière d’environnement ont catégoriquement rejeté le plan de retrait de Pluspetrol. En outre, la société a refusé de participer à une médiation par le dialogue menée via le processus du point de contact national.
Les fédérations autochtones ont également dénoncé l’usage par Pluspetrol d’un montage institutionnelle conçu pour échapper à ses responsabilités fiscales et environnementales, ce qui va à l’encontre des dispositions de l’OCDE sur la fiscalité et la transparence. Bien que l’entreprise possède des capitaux argentins, sa maison mère est enregistrée comme une « société écran » aux Pays-Bas, et mène des activités liées à des paradis fiscaux comme les Iles Caïmans et le Luxembourg.
Les communautés, Perú Equidad, et leurs partenaires de la société civile poursuivront leur plaidoyer afin que justice soit pleinement rendue dans cette affaire et de s’assurer que Pluspetrol prenne enfin ses responsabilités pour les préjudices causés de longue date aux populations autochtones et à la nature.