FIDH : le gouvernement du Nicaragua doit immédiatement mettre fin aux actions de répression exercées à l’encontre des manifestants

24/05/2018
Communiqué
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Paris, 24 mai 2017. La FIDH lance un appel au gouvernement du Nicaragua pour qu’il garantisse l’arrêt immédiat de toute action de répres-sion vis-à-vis des manifestants conformément aux recommandations de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) et s’engage clairement à reprendre le dialogue national.

Dans le département de Léon au Nicaragua, le jeune Carlos Manuel Solis aurait été tué d’une balle dans la tête et près de 60 personnes auraient été blessées, dont 4 gravement, suite aux représailles menées le 23 mai der-nier par des officiers de la police nationale habillés en civils et des membres des troupes de choc du gouvernement à l’encontre des mani-festants qui bloquaient la route à Telica, au carrefour de Léon. Ces soldats ont détruit les postes médicaux installés par les étudiants de l’Université de Léon et kidnappé 17 étudiants. Des hommes armés les ont embarqués dans deux camions jusqu’aux quartiers du Front de libération national sandiniste dans le département de Léon. Ils ont été relâchés à la suite de négociations avec un prêtre, les familles et des amis des étudiants.

« Le gouvernement du Nicaragua doit respecter les recom-mandations de la CIDH, respecter le droit de manifester publi-quement et garantir la cessation immédiate de toute répres-sion vis-à-vis des manifestants. Ce n’est pas en réduisant au silence la population civile qu’on arrivera à résoudre la crise politique et sociale que traverse le pays »

, a déclaré Gloria Cano, vice-présidente de la FIDH.

Selon les remarques préliminaires de la CIDH, au lendemain de la visite qu’elle a effectuée au Nicaragua entre le 19 avril et le 21 mai 2018, au moins 76 personnes ont été retrouvées mortes, plus 868 blessées - la plupart suite à des manifestations - et 438 personnes ont été incarcérées, notamment des étudiants, des civils, des défen-seurs des droits de l’Homme et des journalistes.

D’autre part, dans la mesure où le dialogue national entamé la se-maine précédente n’avait pu apporter aucune solution, la Confé-rence épiscopale du Nicaragua, en qualité de médiateur, a suspen-du momentanément ses travaux le 23 mai dernier.

« Nous saluons les efforts déployés par les évêques de la Con-férence épiscopale en vue de trouver une solution à la grave crise que traverse en ce moment le Nicaragua. Nous lançons un appel au gouvernement du Nicaragua pour qu’il prouve sa volonté de rechercher une solution acceptable par toutes les parties en cause et de respecter le plan qui avait été établi pour le dialogue »

, a déclaré Juan Francisco Soto, vice-pésident de la FIDH.

Conformément aux recommandations de la CIDH, la FIDH lance également un appel au gouvernement du Nicaragua pour qu’il auto-rise un représentant du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies à mener une enquête indépendante et impartiale sur les graves atteintes aux droits de l’Homme perpétrées lors des actions de répression. Une telle enquête bénéficierait du soutien des organisations internationales de défense des droits de l’Homme et garantirait que les défenseurs de ces droits puissent s’acquitter de leur tâche sans que leur vie et leur sécurité soient mises en danger.

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