Lettre aux états membres de l’OEA : Ne pas financer la CIDH serait une erreur historique

13/06/2016
Lettre ouverte
en es fr

A l’attention des États parties de l’Organisation des États Américains,

Les membres du Bureau International de la FIDH, composé de défenseurs de tous les continents, réunis à Paris du 10 au 12 juin 2016, expriment aux États membres de l’Organisation des États Américains (OEA) leur forte préoccupation face la situation de crise financière que traverse la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (la Commission).

Le système interaméricain de protection des droits humains a joué et joue un rôle clé dans les transitions démocratiques et les sorties de conflits dans la plupart des pays des Amériques. Il constitue d’ailleurs un exemple pour d’autres systèmes régionaux de protection des droits humains et contribue à la protection internationale des droits humains.

Aussi, les membres du Bureau International expriment leur vive inquiétude quant aux mesures que s’apprête à devoir prendre la Commission si elle n’obtient pas dans trois jours les 1 million d’euros nécessaire pour couvrir son budget pour cette année. La Commission a fait savoir qu’elle serait obligée de se priver de près de la moitié de son personnel et de supprimer une grande partie des activités prévues pour le deuxième semestre 2016.

Les membres du Bureau International demandent aux États qui vont se réunir à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Organisation des États Américains, à Saint-Domingue – République Dominicaine, du 13 au 15 juin 2016, d’accorder une contribution financière extraordinaire concrète pour éviter l’anéantissement d’un des piliers du système Interaméricain de protection de droits humains. Un non soutien à la Commission serait une erreur historique qui affecterait gravement la protection de droits humains sur tout un continent.
Ce soutien financier doit être accompagné d’un soutien politique ferme des États de l’OEA à la Commission et de la promotion d’un mécanisme de financement du système interaméricain de protection des droits humains pour lui permettre son fonctionnement stable et durable.

L’exercice d’un système régional de protection des droits humains fort est un signe de l’existence d’États démocratiques, soucieux du plein respect des droits civils, politiques économiques sociaux, culturels et environnementaux. Les membres du Bureau International rappellent le devoir des États de respecter leurs engagements en matière de défense des droits humains.

Cordialement,

Karim Lahidji - Iran, Président de la FIDH.
Souhayr Belhassen – Tunise, Présidente d’honneur de la FIDH.
Patrick Baudouin – Président d’honneur de la FIDH

Vice-présidents de la FIDH :
Yusuf Alatas – Turquie
Ales Bialiatski – Biélorussie
Dimitris Christopoulos – Grèce
Juan Carlos Capurro – Argentine
Katherine Gallagher – Etats-Unis
Tolekan Ismailova – Kirghizstan
Dismas Kitenge Senga – République démocratique du Congo
Sheila Muwanga – Ouganda
Drissa Traore – Côte d’Ivoire
Zohra Yusuf – Pakistan
Shawan Jabarin – Palestine
Elsie Monge – Equateur
Rosemarie R. Trajano – Philippines
Paulina Vega Gonzalez – Mexique

Secrétaires Généraux :
Debbie Stothard - Birmanie
Pierre Espérance - Haiti
Dan Van Raemdonck - Belgique
Amina Bouyach – Maroc
Paul Nsapu Mukulu – République démocratique du Congo

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