LA FIDH PRÉOCCUPÉE PAR LA SÉCURITÉ DES JUGES ET AVOCATS AU PROCÈS DU GÉNÉRAL LÓPEZ FUENTES

21/06/2011
Communiqué
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La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) salue la détention et l’inculpation du Général Héctor Mario López Fuentes pour génocide et crimes contre l’humanité, mais insiste pour que soient garanties la sécurité et l’intégrité des juges et avocats des victimes.

Le 20 Juin, le Ministère Public a inculpé le Général Héctor Mario López Fuentes, ancien chef de l’armée du régime de facto du Général Rios Montt qui dirigea le Guatemala de 1982 à 1983, pour sa responsabilité dans douze massacres perpétrés à l’encontre de peuples autochtones dans le département de Quiché.

« Il s’agit d’un moment très important pour les familles des victimes, qui ont attendu plus de 25 ans pour que justice soit rendue », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

La FIDH salue cette avancée historique contre l’impunité au Guatemala, et souligne que cela n’aurait pas été possible sans le courage des procureurs du Ministère Public et de la Juge chargée de l’affaire. Cependant, la FIDH attire l’attention sur les possibles pressions auxquelles ils pourraient être soumis et les risques qu’ils pourraient encourir. Par conséquent, elle demande aux autorités guatémaltèques de prendre les mesures les plus appropriées pour garantir leur sécurité et intégrité physique et psychologique. La FIDH appelle aussi l’Union européenne et le Bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme au Guatemala à observer le procès afin qu’il puisse se dérouler de façon indépendante et dans le respect de la justice.

Le 29 décembre 1996, la signature des accords de paix, mettait fin à un conflit interne long de 36 ans. Ce conflit, d’une extrême violence, a conduit à l’assassinat de 200 000 personnes dont 45 000 sont toujours portées disparues [1]. 660 massacres ont été répertoriés et 400 villages totalement anéantis [2]. Ces exactions massives ont été essentiellement perpétrées par les régimes militaires au pouvoir à l’encontre de la population indigène maya. La majorité des crimes ont été commis entre 1978 et 1985, période à laquelle se sont succédés les gouvernements de Roméo Lucas Garcia, Efraín Ríos Montt et Mejía Victores.

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