30 janvier 2026. Renee Good et Alex Pretti ont été assassiné·es par des agents fédéraux parce qu’elle et il étaient des défenseur·es des droits humains. Les deux victimes étaient témoins des violations commises à grande échelle par ICE, le United States Immigration and Customs Enforcement à Minneapolis. Elle et il agissaient à la fois comme observateurs·ices juridiques et comme manifestant·es. Leur objectif était de surveiller l’action d’une autorité qui a tout fait pour échapper à ses responsabilités. Cette autorité est mise en cause pour des faits d’enlèvement et de déportation illégaux.
Face à ces meurtres extrajudiciaires, et alors que les responsables du gouvernement fédéral qualifient désormais les actes de solidarité de la société civile de « terrorisme intérieur », la FIDH et CCR mettent en garde contre un recul potentiellement irréversible des droits humains et de l’état de droit aux États-Unis.
À la suppression systématique des enquêtes autant que des preuves, s’ajoutent des mensonges assumés. Les faits sont niés. Les juges sont mis·es sous pression. Pour la FIDH et le CCR, ces pratiques marquent une escalade inquiétante des méthodes autoritaires du pouvoir exécutif. Elles compromettent la possibilité même de rendre justice aux personnes dont les droits sont violés. En 2025, parmi un nombre record de 70 000 détenu·es de ICE - pour la plupart ciblé·es en raison qu’ils et elles étaient des personnes de couleur - trente-deux personnes sont mortes en détention.
En renforçant sans contrôle les moyens et les pouvoirs des forces fédérales, l’administration Trump met en place des instruments d’intimidation étatique. Pour la FIDH et le CCR, cette dynamique favorise le recours à des pratiques extrajudiciaires, y compris létales.
« Ce que nous voyons, sous nos yeux, ce sont des enlèvements, ce sont des détentions de manifestant·es, de syndicalistes et de leaders autochtones. Il s’agit de mesures de contre-insurrection, d’occupation. Les libertés civiles reculent irrémédiablement », a déclaré Alexis Deswaef, président de la FIDH.
Incapables de soumettre une population de plus en plus hostile à ces méthodes, les autorités semblent s’orienter vers l’instauration d’un état d’exception permanent, appuyé par un renforcement inédit des dispositifs de surveillance.
La FIDH et le CCR saluent celles et ceux qui descendent dans la rue et refusent de céder en cette période de crise. En tant qu’organisations membres d’un réseau international, elles connaissent les risques auxquels sont exposé·es les défenseur·es des droits humains sous des régimes autoritaires. Elles affirment néanmoins que l’histoire est du côté des manifestant·es qui n’acceptent pas l’injustice.