La communauté internationale doit agir pour protéger les opposant·es nicaraguayen·nes exilé·es au Costa Rica

26/06/2025
Communiqué
en es fr
INTI OCON / AFP

Le Collectif 46/2 dénonce devant la communauté internationale l’assassinat du major à la retraite de l’armée nicaraguayenne, Roberto Samcam Ruíz, survenu le 19 juin à son domicile à San José, au Costa Rica.

Genève, le 26 juin 2025. Samcam Ruíz était une voix forte qui dénonçait la dictature Ortega-Murillo, il a dénoncé l’armée nicaraguayenne et l’a désignée comme complice de la répression et des exécutions extrajudiciaires commises depuis 2018. Il avait également dénoncé un réseau d’espionnage contre les opposant·es réfugié·es au Costa Rica.

Le major à la retraite était l’un des 94 Nicaraguayen·nes déchu·es de leur nationalité en février 2023 par la dictature. Depuis le 11 juillet 2018, il était réfugié au Costa Rica en raison de la persécution et de la criminalisation par la dictature de Daniel Ortega et Rosario Murillo. Il avait obtenu la nationalité espagnole le 26 juillet 2023.

Le meurtre de cet ancien militaire à la retraite n’est pas le premier attentat contre des opposant·es sur le sol costaricien.
En 2023, l’opposant Joao Maldonado et son épouse ont été attaqué·es à l’arme à feu dans l’intention évidente de les tuer. Maldonado avait déjà été victime d’un autre attentat en 2021, également à San José, au Costa Rica.
En 2022, l’opposant nicaraguayen Rodolfo Rojas a été retrouvé mort au Honduras. Selon ses proches, il aurait été emmené sous de faux prétextes depuis le Costa Rica, où il s’était exilé.
À cette liste s’ajoute l’assassinat, en 2024, du réfugié Jaime Luis Ortega, à Upala, dans un canton frontalier avec le Nicaragua. À la suite de ces événements, Roberto Samcam s’était exprimé devant la presse, soulignant l’implication directe du régime Ortega Murillo et indiquant qu’il savait que sa vie était en danger.

Si l’enquête sur le meurtre de Samcam est en cours, les circonstances du crime et le profil de la victime suscitent des soupçons fondés sur le caractère potentiellement politique du crime, avec d’éventuelles ramifications transnationales. Ce meurtre survient dans un contexte où différentes organisations de défense des droits humains ont rendu compte d’un schéma constant de surveillance, de menaces, de harcèlement et d’actes d’intimidation à l’encontre de personnes nicaraguayennes exilées dans la région, en particulier au Costa Rica.

Nous considérons que ce crime doit être analysé et qu’une enquête doit être menée comme faisant partie d’une stratégie plus large de répression transnationale menée par le régime nicaraguayen pour persécuter et réduire au silence la dissidence en dehors de ses frontières, en violation flagrante des droits humains des personnes réfugiées et exilées. Cette répression transnationale a été documentée par le Groupe d’experts sur les droits humains au Nicaragua (GHREN), qui a souligné que « les actions répressives du gouvernement vont au-delà des frontières du pays et touchent les opposants ou les personnes perçues comme telles à l’étranger. Le gouvernement a également continué à s’en prendre aux proches des opposants au Nicaragua, y compris aux enfants, pour simple association, afin de punir les opposants et/ou de les dissuader de s’exprimer où qu’ils se trouvent  ».

Face à la gravité de ce crime et au maintien d’une répression transnationale contre les Nicaraguayen·nes en exil, nous lançons un appel urgent à la communauté internationale afin qu’elle exige de l’État nicaraguayen qu’il mette immédiatement fin à toute forme de persécution, de surveillance et de violence à l’encontre des dissident·es en exil. Nous demandons également à la communauté internationale de renforcer son soutien politique, technique et financier aux mécanismes de protection des défenseur·es des droits humains en exil. De même, nous demandons instamment la mise en place de canaux de communication bilatéraux ou multilatéraux avec les pays d’accueil des Nicaraguayen·nes, afin d’évaluer la situation en matière de sécurité et d’articuler des réponses préventives face à d’éventuels actes de persécution transnationale. Enfin, nous demandons aux organismes internationaux de défense des droits humains de suivre de près ces cas, qui s’inscrivent dans un schéma systématique de répression transfrontalière, et de garantir justice et vérité aux victimes.

Le Collectif 46/2 est une coalition composée de 19 organisations internationales, régionales et nicaraguayennes de défense des droits humains qui informe régulièrement la communauté internationale de l’inaction du régime nicaraguayen concernant le respecter de ses obligations internationales en matière de droits humains.

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  • Co-signataires

    Voici la liste des organisations membres du Collectif qui ont décidé de rendre publique leur adhésion à cette déclaration :
    Colectivo Nicaragua Nunca Más
    Centro por el Derecho y la Justicia Internacional - CEJIL
    La Fédération internationale pour les droits humains - FIDH
    International Institute on Race, Equality and Human Rights
    International Service for Human Rights - ISHR
    Movimiento Autónomo de Mujeres - MAM
    Organisation mondiale contre la torture - OMCT
    Peace Brigades International - PBI
    Red Internacional de Derechos Humanos Europa - RIDHE
    Unidad de Defensa Jurídica, Registro y Memoria - UDJUDR
    Urnas Abiertas

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