La FIDH et le CAJAR victimes d’écoutes téléphoniques ? Rejet des actions illégales de renseignement de l’Armée nationale.

París, Bogotá, le 16 janvier 2020.- Un scandale a récemment éclaté grâce à la revue Semana (ES) qui a dénoncé l’utilisation illégale d’équipements sophistiqués achetés de façon irrégulière, pour espionner des politiques, des magistrats, des Généraux et des journalistes (ES) , ainsi que des défenseurs des droits humains et des « Collectifs d’avocats ». Des indices permettent de considérer que la FIDH et le CAJAR ont été victimes de cette nouvelle structure criminelle au sein de l’Armée nationale.

Selon la revue, des dossiers contenant des conversations personnelles de ces différents acteurs étaient remises à « un homme politique reconnu du [Parti] Centro Democrático (Centre démocratique) ». Selon les évidences et plus de 12 témoignages directs, cela concerne également du travail de renseignement illégal et l’écoute des communications de magistrats et de magistrates de la Cour suprême, en charge des investigations à l’encontre de l’ex-président Alvaro Uribe Velez pour les faits de manipulation de témoins et autres. Selon la presse, ce scandale expliquerait la démission du Général Nicacio Martínez le 27 décembre 2019.

La mention du terme « Collectifs d’avocats », s’ajoute au fait que Reinaldo Villalba Vargas, l’actuel Vice-président de la FIDH et président du CAJAR, est l’avocat qui représente le sénateur Iván Cepeda Castro, victime dans l’affaire contre l’ex-président Uribe Velez.

Il faut également prendre en compte que le CAJAR et la FIDH constituent actuellement un dossier devant la Cour pénale internationale (CPI) et la Juridiction spéciale pour la paix (JEP) sur la possible responsabilité du Général Nicacio Martínez lors d’exécutions extrajudiciaires (ES) (selon la modalité connue sous le nom de « faux positifs ») commises sous son commandement, entre le 30 octobre 2004 et le 23 janvier 2006.

« Il est inadmissible que des faits de cette nature puissent impunément avoir lieu. Nous demandons au Président de la République et au Procureur général de Colombie de fournir des informations concrètes et transparentes sur l’identification des victimes de ces activités criminelles afin qu’elles puissent exercer leur droit d’accès à la justice, que la vérité et les responsabilités correspondantes soient établies, et que des mesures efficaces soient prises afin que ces violations graves des droits humains ne se reproduisent pas. »

Déclaration de Reinaldo Villalba, Vice-président de la FIDH et Président du CAJAR

Rappelons que par le passé, le CAJAR et la FIDH ont été la cible de travail de renseignement illégal (ES) consistant en des écoutes, du harcèlement, des filatures, des menaces et des montages, entre autres, par l’agence de renseignement maintenant dissoute DAS (Département administratif de sécurité) dépendant de la Présidence de la République.

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