Colombie : une décision historique confirme que personne ne peut être au-dessus de la loi

06/08/2020
Communiqué
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Paris, Bogota – La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) salue la décision historique de la Cour suprême de justice (CSJ) d’ordonner l’assignation à résidence de l’ex-président colombien Álvaro Uribe Vélez ; un événement inédit en Colombie, qui marque un tournant extrêmement important dans la lutte contre l’impunité des anciens chefs d’État.

En outre, cette décision rappelle que la séparation des pouvoirs et l’indépendance judiciaire des magistrats des Hautes cours colombiennes sont deux piliers de l’État de droit. De ce fait, elle incite à respecter les décisions de justice et à garantir la séparation des pouvoirs dans le pays, évitant toute forme de représailles à l’encontre des Hautes cours et des participants à la procédure.

Le 3 août, la Salle d’instruction de la CSJ a ordonné l’assignation à résidence du sénateur et ex-président colombien Álvaro Uribe Vélez, également chef du parti au pouvoir, ce dernier étant accusé de subordination et de fraude procédurale dans une affaire de manipulation présumée de témoins. À l’origine de cette affaire : une plainte déposée en 2012 devant la CSJ par l’ex-président Uribe contre le sénateur Iván Cepeda Castro. La Cour avait finalement rejeté cette plainte, par faute d’éléments suffisants pour enquêter sur Iván Cepeda et, par la même décision, avait ordonné l’ouverture d’une enquête contre l’ex-président. À ce jour, la procédure n’a pas encore abouti, c’est pourquoi les garanties procédurales de toutes les parties impliquées doivent être respectées, comme cela a été le cas jusqu’à présent.

La décision de la CSJ montre que, malgré les pressions et ingérences d’importants secteurs de la société colombienne et de hauts fonctionnaires du gouvernement dans l’administration de la justice tout au long de la procédure, et ce en particulier ces dernières semaines, l’indépendance de l’appareil judiciaire doit prévaloir sur les intérêts et les pouvoirs politiques.

« Il s’agit d’une procédure complexe, qui dure depuis huit ans et qui n’a pas encore abouti, mais j’espère que cette décision servira de précédent pour faire avancer les autres actions engagées contre le sénateur Uribe. La justice a fait dire à la société que personne n’est au-dessus de la loi, tout puissant que l’on soit. »,

Reinaldo Villalba, président du Colectivo de Abogados José Alvear Restrepo, vice-président de la FIDH et avocat du sénateur Cepeda.

Il s’agit là d’une lueur d’espoir pour la lutte contre l’impunité en Colombie.

La FIDH exprime sa plus grande solidarité et tout son soutien au Colectivo de Abogados José Alvear Restrepo pour le travail qu’il a accompli durant ces huit années sous la direction de Reinaldo Villalba, avocat défenseur des droits humains et vice-président de la FIDH.

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