Espionnage des services secrets colombiens en Belgique : les victimes déposent plainte

30/11/2010
Communiqué
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Aujourd’hui, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, Broederlijk Delen, Oxfam-Solidarité, CNCD-11.11.11, Oidhaco, et CIFCA, et certaines victimes d’espionnage par les services secrets colombiens (Département Administratif de Sécurité, DAS) déposent plainte auprès de la justice belge. Ces organisations, et des individus qui travaillent ou ont travaillé pour elles, ont été victimes de menaces, ainsi que d’écoutes téléphoniques, d’interceptions de courriers, de cambriolage en vue de soustraire des fichiers informatiques. Elles estiment que ces actions sont constitutives de diffamation, d’espionnage et d’intimidation et entravent le bon fonctionnement de la démocratie en Colombie et en Europe.

Etant donné qu’il s’agit d’atteintes graves aux droits fondamentaux en Belgique, la Ligue belge des droits de l’Homme a décidé d’apporter son soutien aux plaignants.

Ils demandent que la justice belge enquête et identifie les responsables de ces délits afin que ces derniers ne restent pas impunis et que soit garanti leur non répétition. En effet, il n’est pas acceptable qu’un service de renseignement soit utilisé pour paralyser les activités de ceux qui travaillent pour la paix, la démocratie, le développement et le respect des droit humains dans le monde. Les plaignants souhaitent également que les autorités judiciaires et politiques belges protègent les victimes.

En Octobre 2010, la Chambre d’Accusation de l’Assemblée Nationale colombienne a ouvert une enquête contre l’ex-Président de la République, Álvaro Uribe Vélez, pour la commission d’ actes illégaux sous sa direction par le DAS, l’un des services de renseignement colombien. D’autres procédures judiciaires à l’encontre de fonctionnaires du DAS sont également en cours notamment contre l’un des directeurs du DAS, pour homicide aggravé de syndicalistes. En effet, de nombreuses personnes ont été espionnées, stigmatisées, discréditées, menacées et persécutées par le DAS, parmi elles, les juges de la Cour suprême, des défenseurs des droits de l’Homme, des journalistes, des syndicalistes, des opposants politiques et des membres d’ONG.

Dans le cadre de ces procédures, les documents internes découverts par la justice colombienne ont révélé que le DAS menait aussi des activités sur le territoire européen : l’OPERATION EUROPA dont le but était de discréditer les institutions et personnes visées : "le système juridique européen, la Sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen et le Bureau de la Haute-commissaire aux Droits de l’Homme des Nations-Unies". Plusieurs gouvernements ainsi que diverses ONG et particuliers, européens ou colombiens, établis en Europe ont été touchés par les actions du DAS.

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