Qu’est-il arrivé à Santiago Maldonado, un mois après sa disparition ?

30/08/2017
Communiqué
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Un mois après la disparition de Santiago Maldonado, la FIDH et son organisation membre en Argentine, le Comité de Acción Jurídica (CAJ), expriment leur inquiétude concernant l’intégrité physique et psychologique du jeune homme. Elles exhortent l’État argentin à prendre de toute urgence des mesures exceptionnelles pour le retrouver, et à mener une enquête dans le cadre de procédures pénale et disciplinaire afin de connaître les faits et sanctionner les éventuels responsables de sa disparition.

« En cette journée internationale de commémoration des victimes de disparitions forcées, il est essentiel que l’État argentin fasse publiquement preuve de son engagement à tout mettre en œuvre pour savoir ce qui est arrivé à Santiago Maldonado »

, a déclaré Dimitris Christopoulos, président de la FIDH.

Nous déplorons que la procureure chargée de l’affaire ait attendu 25 jours après la disparition pour envisager l’hypothèse de la disparition forcée, malgré la présence de d’éléments solides. En effet, lors d’une disparition forcée, on sait bien que les premières heures sont cruciales pour retrouver la personne disparue. Ce n’est pourtant que le vendredi 25 août que l’affaire a été requalifiée comme un cas de disparition forcée, en vertu de l’article 124 du Code pénal argentin.

Selon les organisations :

« il s’agit d’un crime qui, en Argentine, ne peut avoir été commis que par l’État, et pour lequel la charge de la preuve lui incombe, c’est-à-dire que c’est à l’État argentin de prouver qu’il n’y a pas eu de disparition forcée. D’autres hypothèses ne peuvent être émises qu’une fois celle-ci infirmée. »

Santiago Maldonado, âgé de 28 ans, a été vu pour la dernière fois le 1er août 2017. Il se serait caché dans des fourrés pour échapper à la gendarmerie lors d’une opération de répression menée contre une communauté mapuche. Les gendarmes l’auraient attrapé et frappé avant de le jeter dans une camionnette blanche de la gendarmerie.

Malgré les dénonciations immédiates faites par la communauté mapuche et des ONG argentines, il a fallu attendre que la mobilisation nationale et internationale prenne de l’ampleur pour que les autorités ne se décident à agir.

La disparition de Santiago intervient dans un contexte de contestation sociale et de revendication des terres ancestrales de la communauté mapuche « Lof en résistance » du Cushamen, dans la province de Chubut. En réponse à ces revendications légitimes, les autorités argentines procèdent à de violentes répressions se caractérisant par l’utilisation de balles de caoutchouc et de plomb et par la destruction des biens des familles afin de les intimider. Ce n’est pas la première fois que les communautés mapuches, stigmatisées par les gouvernements successifs, doivent faire face à une telle répression. Des mesures de sécurité doivent être prises afin d’éviter toutes représailles à leur encontre.

Nous espérons que les disparitions forcées, qui représentent une grave forme d’agression, ne deviennent pas un moyen supplémentaire d’intimider et de réprimer la contestation sociale de la communauté mapuche et de la population en général.

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